Hiver 2017-2018 : Auteurs de A à Z

Poèmes

Thaïs Andreani

Coulures de Lune

Le soleil embrasera la plaine
Boutons d’or
et herbes mordorées
Ebroueront paillettes en l’haleine
D’une brise d’ouest et l’été
Sans chagrin s’éteindra

Sous le ciel hululement des âmes
Esseulées
Aux seuls rayons nocturnes
Liberté des coulures des larmes
Dans l’étang étoilé et la lune
Soudain y coulera

Ton corps se refusera
alors
L’âcreté picotera mes jours
Tes yeux ancrés à d’autres ports
Feront pleurer les miens et l’espoir
Simplement s’en ira


Masques

Promenade où la mousse a poussé
Sous nos pas son odeur fade et molle
Et je guette à ton bras enlacée
Effluves et cris montant du sol

J’entends toute la nausée des femmes
Les froufrous des jupons blancs tachés
Les rires faux des grands messieurs-dames
Qui font la cour en buvant du thé

Moi je hais les parfums hors de prix
La trop feinte passion des amants
Les baisers froids, les paupières qui,
Tels les cœurs, battent trop lentement

Deux roses rouges dans la baignoire
Les flutes de champagne ébréchées
Qui dansent là où l’eau a gelé
Comme enlacées dans la nuit noire

Ravis moi ravissant ravisseur
Brouillard occulte tout, on n’y voit goutte
Tu devines à peine que je pleure
Là-dessus le grand saule s’égoutte

Allons loin des foules, loin des villes,
Dans un bois, près d’un lac scintillant
Simplement où l’amour est facile
Où la vie nait dans un froissement

Je tremblote car il est bien tard,
Tu pardonnes mes douces folies
Mes pieds dans la vase de la mare
Les salissures de mon esprit

Arrache donc mon cœur et mon âme
Pétris-moi, amour, de tes mains fortes
Sans soucis des piques ni des lames
Qui transpercent mon corps, je suis morte

NI, NI

Ni la brise d’été sur mon front enfiévré
Ni le soleil levant qui me sourit parfois
Ni les mugissements des vagues de l’Ile de Ré
Ni l’horizon bleuté ni tes larmes de joie
Ni la pierre qui roule sur son tapis de mousse
Ni l’œillet du chemin ni l’aubépine en fleur
Ni tes yeux dans les miens ma main sur ta joue douce
Ni la rose d’amour ni la divine horreur

    ne me font oublier que

Ton absence m’exaspère presque plus que ta présence ne m’horripile

Ode à la Terre

Les rugissantes autos passent à toute allure
Entre les grands poteaux. Nature métallique
Le triste paysage ! Borne téléphonique
Brume boue et rambarde aux mille éclaboussures

Hier l’homme a chanté en construisant les murs
Aujourd’hui le temps est devenu rouge brique
Vois, la lune est de plâtre et l’air bleu électrique
C’est ce que les grands arbres coupés nous susurrent

Le goudron a coulé comme coulent les lames
De pluie dans le sol, la ville est sale et morte
Le bitume engloutit les fourmis et cloportes
La lumière le vent et le cœur d’une femme

Ville d’espoirs noyés horizon macadam
La nuit pleure et gémit quand je frappe à ta porte
Ton visage apparaît je ris et tu m’emportes
Délicieuse accalmie des plaintes de mon âme

J’aspire à d’autres cieux et j’expire en questions
A la vue des fumées des laideurs des gravats
Ta main frôle la mienne dans le matin froid
Mon remède c’est ta calme respiration

Tes yeux verts au printemps c’est ma douce évasion
Ton corps est mon exil mon ailleurs est ta voix
Mon amour aujourd’hui est pour ton nom, Gaïa
Et pour chaque jour gris doré par notre union

L’homme actuel

Lieu de passage à ciel couvert
Visages fermés
Démarches rapides
Hommes d’affaire et de voyage
Sacoches emplies de mots de tête
Pas un ne s’arrête
Pour ajuster sa cravate sage
Ni pour l’oiseau dans mon corsage
Ni même pour un pas de tango
Traverser le monde et la place
Sans être bohême ni voleur
Seulement par devoir ou par intérêt
Voilà ce que disent
Les chaussures à lacets
Les vestes de costume
Les chemises conventionnelles

Uniforme de l’homme actuel

Réveillons

Par les volets fendus tombent sur le lit sombre
Où nous sommes étendus mille traits de soleil
A mon chevet scintillent mes boucles d’oreille
Emmêlées sur la table de nuit qu’elles encombrent

Dans les vapeurs d’encens et la demie pénombre
Chacun rêve en silence du pronom pluriel
Ce « nous » pour deux corps nus sous les rayons de miel
Qui caressent ta nuque et en dessinent l’ombre

Le temps fuit nous dormons nous touchant sans nous voir
Nos lèvres et nos yeux clos d’une douce torpeur
Renferment de la nuit ses cris et ses odeurs
Et l’écume d’amour rafraichie dans le noir

Mais tes poings qui s’ouvrent comme on ouvre un tiroir
Font jaillir tout à coup passion et chaleur
Embrasse ! crie mon nom et empoigne mon cœur
Robe à terre et pudeur laissée dans la baignoire

Ainsi glissent les heures et tombe le soleil
Sans souci de nos chairs tendrement enlacées
Ni des palpitations des cœurs exténués
Et comblés l’un par l’autre au pays des merveilles

Par les volets fendus tombent sur nos sommeils
Nécessaires et profonds mille perles argentées
Lune nous enveloppe et contient nos baisers
Jusqu’au petit matin jusqu’au nouveau réveil

Poèmes (en duo)

Fanny Guillot & Khalid EL Morabethi


C’est un fait, je suis mortel
Aujourd'hui est un jour rouillé
Comprendre
Jusqu’à cracher ses poumons
Et les battements et les ballottements
Qui soupirent et qui mugissent
Je serais présent
J'étais mort
Autour de la fête

*

Dis-moi ton nom, silence
Normalement, sur la table, du vin vide
Il sonne juste et frais
Il ne se passe rien, silence
Sur la chaise, du riz noir
Qui est seul, qui est ému, qui est un événement
Ma gorge est sèche et vénéneuse
C’était le premier problème
Ce sera le dernier testament
Sauf si la pluie
Assouplit les rumeurs du ciel gorgées de silence

*

J’appuie sur le visage
Et ça rime avec sauvage
Je vois trop bien, je vais continuer
Le malin me dévisage, ça fait suer
Milles dollars dans une banque
L'hymne des créanciers

*

Et monsieur aime monsieur
Il l'aime comme on fait de la pâte à modeler
Ils sont végétariens, ce qui veut dire qu’ils peuvent s'asseoir sans casser les chaises
Même s'ils envient leur chien
Ce qui veut dire qu’ils vont mourir avec un sourire et qu’ils peuvent voler au paradis
Au risque de rater une marche et de s’affaler sur le sofa déchiré par les crocs
Au risque de rater un matche ou un concert de rock
Palpitations, feulements, vibrations
Et monsieur aime le ralenti, tout est important
Alors il peut dormir tranquille et les chiens remuent la queue
C’est beau

*

Tout me rappelle à toi
Il y avait un autre dans la chambre d’à coté
Ses pas luisaient sur le sable
Le sourire était toujours au-dessous de la table
La table, la table, quel désastre !
Le sable, le sable, la haine mais, sombre au fond mais l’astre
Se repaît de tes sinueux soupirs, d'un avant-goût du rire
Je fais un bruit
J’extrais les rites du cri

Poèmes

Mich’ Elle Grenier

Homme debout

Foudroyées, calcinées,
Toutes voix tues.
L’aile des mots
Se brise à l’horizon.
À  la tempe des pierres
Le sang coule ses rus.
Sous la ruine du monde,
Il se peut pourtant
Que  pousse  une racine,
Une ronce vivace
À la  fleur clandestine.
Chaque  chose  rêve encore
Aux  reins ardents de la terre.
Tout va se refaire sous nos pas.
Lève-toi
Avant que les armées
De fourmis ne te paralysent.
Cours, fuis  hors d’haleine,
Agrippe la vie.
Homme debout que je chéris
Combats la léthargie !
Pousse un cri vibrant
Un cri du tonnerre.


Miss Nymphéa

Elle,  menue demoiselle
Danse un menuet aquatique
Sous les antennes émoustillées
Des moustiques.
Tous les soirs de juillet,
Elle entre en piste sur un nénuphar
Sous les yeux ravis des têtards.  
Elle plane parmi les renoncules
Twiste sa taille minuscule.
Un crapaud joueur de flûte
Au diapason lance un contre-ut.
Frivole demoiselle
Dans son tutu de dentelle
Elle voltige au septième ciel…
Et les grenouilles éberluées
De leurs grands spots globuleux
Eclairent la bleue libellule
Qui joue son nouveau ballet
À l’opéra des nymphéas.


Utopia

Aux victimes de la barbarie

Qui veut tuer la vie en rose
Au nom de qui, au nom de quoi ?
Nos enfants souhaitent autre chose
Que piétiner dans la rage et l’ennui,
Ils veulent peindre des arbres bohémiens
Aux couleurs chatoyantes,
Feuilles frissonnantes dans l’élan d’exister.
Nos enfants veulent vivre
Dans un monde où
Les lampions de leurs regards
Tiennent l’univers ébloui.
Où le vent
Sème des graines exotiques
Dans la neige des glaciers.

Au sillon de mon chant
Une graine éclate
Ici germera le futur.
Hardis les mots !
Sans bâillon ni camisole
Par un cri accordé
À nos gorges éraillées
Une clameur raz de marée :
Utopia !
Assez de boue dans les yeux,
Debout les vivants !

L'art escobar

Claire Hurrimbarte

                           La romance aux anciens Écorchés.

                    Connais-tu l’homme perdu qui s'imprimait les dents de citrons toxiques ?

                    Vivant de faux et d’herbe imprudente, il bise la mouche pour réaffirmer l’illusoire de sa semence.

                    Au pied d’un platane, à l’époque où le soleil se paye, il consacre le crime de l’amour par le choc tremblant d'un ornement masculin sur Odette qui jusqu'ici est la seule agence qui reconnaisse la tige gercée comme le terme en souffrance adressé à l'Assurance.

                    Bien que vengeance recommence, il y a une vision qui peut nous convenir : bizarre le rôle de la poupée démantelée emmêlant abandonnée et pourtant saupoudrée d’exemplarités !

                    Sous le TEMPLE de la contingence est né le Jeu du REPÈRE, analogue au sentiment impossible pour l’humain totalisateur du Nom sans façon.

                    Courir, avec pour jerrican un clou dans la perception.

*

                           Joie de s’enlever volontairement à la vie fait violence aux représentations estropiées de la confusion artistique, le sainement esthétique tenant à attirer une attention socialisée exhibe son amour circonflexe de la tache.

*

                           Je suis susceptible de servir de messager entre le signe et le signifié aussi appelé arbitrage respiratoire, une ainsi danse qui déconcentre l'information en suffisance cinématographique.

*

                           Tel béribéri, telle scène, chewing-gum servi avec le thé : le sens des réalités.

                    Le sentiment de s'opposer soit au prestige soit à l’occupation allongée de nos misères bornées par une crise en manque de réussite, caractère costumé d’une recyclable haleine de mourant.

*

                           Les notions comme les proto-relatés témoignent, s’il vous hait, de l'art ahuri sinon interdit.

                    À tout de suite brèves enivrées de belgicismes somnolences, qui pour combattre Aléa de Facto rejetaient toute élite et voulaient soutenir Démérite le philosophe de l'Erreur, dans le sens suspendu à un rien soutenu.

*

                           Selon la courbe plus ou moins sanguinaire des cauchemars banalisés s'étalant contre la théorie des s’entre-tuer pour le contrôle du stérile...

                    Eh que, même plaide coupable celui qui est assis sur du tranchant ; jeter un sort en recourant à la tendresse !

*

                           La joie !

                    Exprimant qui approuve la participation du Pluriel démentiel, écritures qui naissent d'un Pari Individuel Bucéphale et doté d'un seul doigt se livrant à des opérations de change,

                    le foie, est très bon pour prophétiser... J'errais de plaine en plaine au gré des pissotières...

*

                           Le donner forme, dévotion pour d'affres garçonnes et stricte occasion de saisir, d'arracher un paquet, urbanistique ardeur en idées incestueuses.

                    Synaptase, maussade salsa que d'user de mots si prohibitifs pour d'automatisables mise en relation moyennant des solutions vivant toujours en clonasses.

*

                           De copyright colère déçoit pété d'exclusif et casse ses dents contre les arbres, puis implore ® qu'il y a d'ouvrir une cession avec un Revenu qui – en se prenant pour une globalité d'autorité argumentée - est Parvenu pour dire «  qu'il n’admet aucune jouissance  ».

*

                           Raffiné de la Catastrophe, testatrice dont la larve s'intéresse aux fraternités de désespoir.

                     Fausse-couche, du genre performatif où le tragique et le pathétique côtoient - poussant le chariot de la Panique, la grosse mouche à l’abdomen familier et comique - mais qui change de comportement ou de lieu pour cause de clientélisme.

*

                         Je ferai rejaillir le Peut-Être qu'actes et paroles savent tirer du fond de notre infidélité à la récidive, prenons la ferme Incertitude pour une des branches du grand dessein et de la vaste pensée qui sert à lier une mineure à la guirlande oculaire d'une tête fatale :

                              Au commencement on écrivait Patte-d’Animal.

*

                              L'anxiété d'être Trans-parent a entraîné l'Univers vers d'halogènes sous-genres,

                    Correctement troublant, Dieu se leva de sa couche, fit l'époux insurgé en son geste de haine envers sa mère. 

                    Elle, farouche à consommer, la fièvre dégradante, essuyeuse autrefois de pieds grondement admirés, ne voit dans l'acte d'incarner qu’une haute-fidélité à la bien-aimée Gravité.

                    Louche, la tiédeur verte, nous sommes alors attachés à frimer un monde entièrement énoncé, qui de bonté, décharge de l'ordre dans la bouche divergente d'une Légalité conquise à l'obéissance par des fesses de rêve.

                    Après biens des approches, de l'écrivain contraint au logo héros, est brutalement aveuglé le pervers de Carrière qui introduit en minous une idée-cadeau, bien décidé à séduire la verve isolée ou l’émoi encore mis de côté.

                    Des hivers inconscients, des étés tremblants et des rois volcans ont chemisés l’homme d’untels et le féminin de soins, mioche promesse qui n'a que ressentance d'être effervescence, sommé de donner un son mouillé à baiser.

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Commentaires

15.10 | 21:01

Merci Monique je m'en occupe dès que possible, bonne soirée

...
15.10 | 18:20

Bonjour, Nathalie! Les textes sont à envoyer à ma boîte-mail: monique.marta0294@orange.fr
Cordialement.
Monique

...
15.10 | 16:35

Seriez-vous intéressé par des textes pour votre revue. Je pourrais vous soumettre peut-être les miens? Si oui, où dois les envoyer?
Très cordialement Nathalie

...
13.06 | 14:54

Merci c'est superbe

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