Rencontre avec ... Sophie LE NORCY et MAHELLY

Entretien avec Sophie Le Norcy et Mahelly, artistes peintres, à l'occasion de l'exposition "Les Encres de l'Ame", du 7 au 18 février 2013, à la galerie «  L'Atelier17 », Rue des ponchettes, Nice :

de Sophie LE NORCY
de Sophie LE NORCY
de MAHELLY
de MAHELLY
de MAHELLY
A gauche : Sophie LE NORCY, à droite : Sylvette COHEN

De la peinture chinoise en France, n’est-ce pas un peu étonnant ? Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce choix ?

Il faut voyager dans sa tête et dans l’espace ; et puis je suis allée cinq fois en Chine. Il y a en France un mouvement d’intérêt  vers la peinture traditionnelle chinoise depuis l’ouverture de la Chine aux échanges culturels et artistiques ; la découverte des paysages spectaculaires en Chine et de sa culture millénaire autrefois réservés aux universitaires et aux chercheurs a été à l’origine d’une grande curiosité encouragée par de magnifiques expositions de trésors chinois à Paris au cours des dix dernières années.

J’ai commencé par la calligraphie chinoise, attirée par la beauté et la sobriété du noir et blanc des caractères, je m’y suis initiée  pendant trois ans, puis sur les conseils de mon maître Hélène HO je suis passée à la peinture.

J’ai en fait  deux maîtres : Robert Faure, qui a travaillé pendant vingt ans en Chine et au Japon, et Hélène Ho, taïwanaise, qui depuis trente cinq ans vit et enseigne à Paris, après avoir fait les Beaux arts à Taipei et Paris.

Qu’avez-vous appris de ces maîtres ?

J’ai appris la peinture, bien sûr ; mais aussi le souffle, l’énergie, la maîtrise du vide, le respect de la nature, le regard sur le monde. Ils m’ont également guidée vers le goût de l’excellence et la patience.

Pouvez-vous nous parler de la technique de ce type de peinture et de la façon dont vous la présentez au public ?

On utilise des pinceaux spéciaux (jusqu’à vingt différents) en poils de martre, de loup ou de chèvre suivant l’effet recherché; de l’encre de Chine (à base de suie de bois) ; du papier de riz fabriqué de façon encore artisanale à partir de fibres végétales en Chine et au Japon.

Il y a différentes façons de présenter ces peintures : sur châssis, montée sur des bandes de soie, ou sous forme de kakémono que l’on roule (et que l’on range dans une boîte précieuse recouverte de soie); cette présentation très ancienne permet de conserver les peintures à l’abri de la lumière, de la poussière et de variations de température et d’humidité ;il y a aussi un effet de surprise quand on découvre au fur et à mesure l’œuvre en la déroulant devant un invité.

Les quatre gentilhommes Pouvez-vous développer ?

Ce sont les quatre étapes nécessaires dans l’apprentissage de la peinture chinoise ; chacune de ces étapes dure un an. Il y a tout d’abord la peinture de bambous, puis des orchidées, puis des chrysanthèmes et enfin des prunus. Ce n’est qu’ensuite que l’on aborde les paysages et les compositions avec rochers, animaux, lacs et rivières ou cascades.L’étape suivante est l’apprentissage du rendu de la brume ou des nuages, essentiels aux paysages de Chine.

Dans vos tableaux, c’est essentiellement la nature qui est représentée. Est-ce une règle de la peinture traditionnelle chinoise ou est-ce un choix de votre part ?

C’est traditionnel: il y a en fait des spécialités, fleurs et oiseaux, animaux et poissons - ce qui suppose la maîtrise de la peinture sur soie -, personnages et portraits, etc. Toutefois la peinture du paysage est considérée comme la plus noble, et la plus aboutie ; elle associe créativité, souffle et maîtrise de la technique.

Vous utilisez le noir et ses nuances - exceptionnellement la couleur?

Oui, c’est un choix qui se réfère à de nombreux maîtres dans la tradition chinoise: la peinture «T’chan» fait appel aux innombrables nuances dans les dégradés de noir et blanc rendus possibles par le raffinement de l’encre de Chine... La couleur s’utilise aussi dans la tradition, notamment dans la peinture de cour ; mais cela a été longtemps  considéré comme un luxe, réservé à l’empereur ou aux riches mécènes. 

Que faut-il pour se lancer dans la pratique de la peinture traditionnelle chinoise ?

Il faut s’armer de patience, aimer la découverte de l’inconnu et aller à l’essentiel : c’est une véritable quête dans laquelle on s’engage pour longtemps.

Entretien réalisé par Monique Marta, le 10/02/2013.

NB: Diaporama : les deux premiers tableaux sont de Sophie Le Norcy, les trois autres de Mahelly.
La photographie représente (à gauche) Sophie Le Norcy, (à droite) Sylvette Cohen, l'enthousiaste directrice de la galerie. 

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Commentaires

26.09 | 19:38

Vraiment très beau. Bizarrement, les six dernières strophes m'emportent moins; mais jusque là, quelle délicatesse dans ce voyage sur l'être aimé

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15.04 | 22:35

Revue toujours au top; nombre d'auteurs croissant; chaque numéro amène de nouveaux talents, de nouvelles trouvailles et...quelques belles illustrations!

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15.04 | 17:48

Les poètes, on le lit bien, sont bien au courant des instants de lumière qui parfois flirtent avec l'ombre; il en va ainsi de toute la vie...

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13.04 | 15:38

Merci Monique, ce sont les danseurs en cours d'études professionnelles au Centre de formation en danse Off Jazz, qui ont donné leur passion et talent au public

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