Automne 2015 : Auteurs de A à Z

Poesie del terrore

Poesie del terrore
                    POÈMES DE LA TERREUR


Al mondo
la mia peggiore delle doléance
                   Au monde
                   Ma pire des doléances


Figure in negativo appaiono
nel retro oscuro delle mie palpebre
                   Des personnages en négatif apparaissent
                   sur le revers obscur de mes paupières


Ho rubato un pezzo al tempo
gravido come una cagna
ho socchiuso gli occhi febbrili
a cavallo di onde perpetue
ho trovato riparo
in un porto circolare
                   J’ai volé un morceau de temps
                   enceint comme une chienne
                   j’ai entrouvert les yeux fiévreux
                   à cheval sur des ondes perpétuelles
                   j’ai trouvé abri
                   dans un port circulaire

Estetica non-aristotelica
                   ESTHÉTIQUE NON-ARISTOTÉLICIENNE

Noi che abbiamo scelto il Brutto
e letto al contrario il libro dello Stagirita
conosciamo i risvolti
dell’armonico divenuto sghembo
del calmo divenuto irrequieto
del limpido divenuto oscuro
dell’ordine divenuto caos
del simmetrico non più tale
delle proporzioni volutamente saltate
                   Nous qui avons choisi le Laid
                   et lu au contraire le livre du Stagirite
                   nous connaissons les conséquences
                   de l’harmonieux devenu tortueux
                   du calme devenu agité
                   du limpide devenu obscur
                   de l’ordre devenu chaos
                   du symétrique qui ne l’est plus
                   des proportions qui ont volontairement sauté


Esiste un sorriso insano
– oltre la soglia del dolore –
impresso sul volto
come un assurdo promemoria
del tutto ignaro
della sua genesi e apocalisse
                   Il existe un sourire malsain
                   – outre le seuil de la douleur –
                   impression sur un visage
                   comme un aide-mémoire absurde
                   du tout ignorant
                   de sa genèse et de son apocalypse


Tu sei lo sguardo rosso
tu sei l’uncino sulla luna
la mela avvelenata e l’impiccato
tu sei il tarlo che sgranocchia il cuore infestato
                   Tu es le regard rouge
                   tu es le gribouillage sur la lune
                   la pomme empoisonnée et le pendu
                   tu es le vent qui croque le cœur infesté


La macchina di finzione
sopraggiunge
alla non parola
                   La machine à dissimulation
                   survient
                   à l’absence de mot


Il Male che scambia le lettere
                   Le Mal qui confond les lettres


Nella sera tradita
da meccanismi involuti
il becchino sotterra fiori nuovi
                   Au cours de la soirée trahie
                   par des mécanismes involontaires
                   le fossoyeur enterre de nouvelles fleurs


Una croce di fuoco
mi sveglia
nel cuore amaro della Notte
guscio di tenebra
dal fiato greve e disperso
nella fiamma al petrolio
brucia per sempre la speranza
di riveder vivere la carne
                   Une croix de feu
                   me réveille
                   en plein cœur amer de la Nuit
                   coquille de ténèbres
                   par le souffle lourd et disparu
                   dans la flamme au pétrole
                   brûle pour toujours l’espérance
                   de revoir vivre la chair


C’è un buco nella
foglia d’Autunno
che dà dall’altra parte
                   Il y un trou
                   dans la feuille d’Automne
                   qui donne de l’autre côté


Seguo un maestro oscuro
la cui voce non oscura
in un giorno non oscuro
chiede chiaramente
un’educazione alla morte
                   Je suis un maître obscur
                   dont la voix aucunement sombre
                   en un jour pas sombre
                   demande clairement
                   une éducation à la mort


Questo potere di ucciderti
da un momento all’altro
riempie di sangue i miei occhi irreali
e fa risuonare inaspettatamente
un gong nel mio cuore
reso feticcio da un demone
                   Ce pouvoir de te tuer
                   d’un instant à l’autre
                   gorge de sang mes yeux irréels
                   et fait vibrer inopinément
                   un gong dans mon cœur
                   rendu fétiche par un démon

Saverio BAFARO
Traduit de l'italien par Denis MORIN

Instant et lassitude (extraits)

Le réconfort que nous trouvons dans l'Instant n'allège qu'en partie le poids de l'Ennui.

*

Face à l'obligation de s'adapter à la platitude, à la morne répétition de l'Inutile, les ambitieux choisissent l'acceptation, les paresseux la résignation.

*

Je m'accomplis au cœur ou à l'écart de la réalité, dans la communion ou dans l'oubli ; à la surface sociale, je m'aperçois vite que je m'étiole.

*

Il reste douloureux d'assumer ses tares ; la personne qui s'y oblige développe souvent un mépris de soi que rien ne parvient à dissiper : ni l'agitation ni le repos.

*

Nous renonçons désormais à rompre avec la routine du calendrier majoritaire : la naissance, les études, le travail, quelques vacances, la retraite puis la mort. Mais quand, à l'occasion, nous brisons les chaînes de ce Cycle, tous les cycles et chaînes s'interrompent : il se produit alors une ouverture à la pleine conscience, un retour à la Source.

*

On maudirait moins l'existence si la contrainte et l'obéissance ne la salissaient pas autant.

*

Je me suis consacré ma vie durant à l'adaptation sociale. Puisqu'il s'agit ici de singer l'altérité, j'ai cultivé l'art des transformistes. Mais il devient de plus en plus dur de tout étouffer de soi !

*

Nos désirs ? – Plutôt l'intériorisation des désirs des autres.

*

 J'explore continuellement des utopies sans lendemain, et de toute évidence, ces quêtes inutiles ne cesseront qu'à ma mort.

*

Ce dont se languit le devenir, c'est un souffle de vie ; inspirez donc, à défaut, le parfum du désir...

*

Puisque jadis tu t'épris de la solitude avec allégresse, tu es tenu désormais de lui rester fidèle.

*

Je déambule dans un labyrinthe à la manière d'un rat concepteur de sa propre expérience.

*

On se sent en paix avec soi-même dès qu'on se distancie – sans jugement – de la pensée.

*

De la Joie au Désespoir tourne sans fin le manège de nos émotions.

*

Vos rêves se sont-ils réalisés ? – Vous découvrirez alors leur vanité.

*

Nous nous glorifions de nos aspirations ; le sage stérilise les siennes. S'étant défait du désir, il accepte le monde, s'adapte aux mœurs de son temps, se fond dans le paysage social. Cette placidité effraie. Il n'y a donc rien de surprenant à ce qu'on se méfie de lui et qu'on le fuit.

*

La montagne pointe son sommet vers l'éternité.

*

Prescience de l'échec, paresse surtout, et je me suis accoutumé à ne pas trop m'éloigner du chemin qu'emprunte la majorité.

*

La Réalité : un mythe en manque de fondement.

*

À l'instar de la contemplation pour l'esprit, la digestion apaise le corps. Rien ni personne ne se sent plus accompli qu'un estomac bien plein.

*

La sérénité : une oasis au sein de laquelle les chagrins se délassent.

*

Tout vaut mieux pour nous qu'un sens à la vie ; un sens, et déjà plus de vie.

*

Les voyages pendant lesquels il me vient l'envie de courir le monde ravivent mon admiration envers les Nomades. Voués à l'errance, et à l'Aventure, de quelles merveilles ils savent emplir leur regard ! Je ne leur rends qu'un piètre hommage avec mes trajets en train, mes déplacements de vacancier délicat.

Frédéric DECHAUX, Clermont-Ferrand, Septembre 2015

Derrière la salle de bain

Derrière la salle de bain
Il y a Benjamin,
Tout le monde est parti, il n'y a que Benjamin,
Il y a des images qui défilent sur les murs ,
Et un cahier à la couverture rigide, qu'il emporte partout afin d'écrire le vide,
Afin d'écrire son âme vide,
Afin décrire ce vide qui lui adresse deux doigts d'honneur,
Afin d'écrire ce qu'il voudrait dire à son sourd et ivre cœur.
Il voit,
Derrière la salle de bain, Benjamin voit,
Il voit des papillons qui volent et qui arrivent jusqu'au plafond et se brûlent,
Il voit que c'est tristement beau dans sa bulle,
Il voit des points, des lignes et des virgules,
Il voit une bête,
La bête lui parle et part, comme les autres,
La bête lui sourit, elle le regarde puis elle part, comme les autres,
Le bête tourne le dos et part, comme les autres,
Il voit des formes noires,
Il voit qu'il se noie,
Au fond,
Tout au fond d'une grande forme noire,
Tout au fond d'une lueur,
Tout au fond d'une forme qui naît, vit et meurt,
Tout au fond d'un cercle qui naît, se remplit le jour, puis le soir meurt,
Tout au fond d'une figure, tout au fond d'une idée, tout au fond de la honte,
Tout au fond d'une seconde lente,
Tout au fond d'un regard lancé trop tard,
Tout au fond d'une grande forme noire,
Noire.
Derrière la salle de bain,
Benjamin s'est perdu dans le noir,
A cherché en quoi croire,
Perdu tout au fond,
Tout au fond du rouge liquide qui coule tout autour de lui et part , comme les autres.
Comme les autres, Comme les autres,
Qu'ils aillent au diable les autres !
Derrière la salle de bain,
Benjamin ne s'exprime plus,
Il ne pense plus,
La tête vide,
Pupilles vides de toute lumière,
Sans force, sans volonté, sans rage, sans colère,
Il se noie,
Il voit qu'il se noie,
Lentement,
Silencieusement,
Comme un bateau plein de rêves et d'espoir,
Comme une boite pleine de mémoire,
Comme le soleil qui part comme les autres, chaque soir.

Khalid EL MORABETHI

Tissés métissés

Pas plus que toi ne suis
cousu de fil blanc
mais né là
à la croisée des fils
tissés par des rencontres
nées là
plus ou moins du hasard

 

Métisse de tissages mélangés
importés d’un ailleurs
plus ou moins lointain

 

Pas plus que toi ne suis
l’enfant d’un seul être
mais sang mêlé fruit
de la fusion de deux
eux-mêmes issus
de deux
Et peu importe
d’où ils viennent
leur pays leur couleur
leurs croyances leurs rites

 

Pas plus que toi ne suis
de souche exclusive
Mes tissages ne cessent
de s’étendre ramifiant
tout autour
d’un noyau qui tend
à se confondre
au milieu des apports
venus jour après jour
colorier le patchwork

 

Mes tissages dont je suis
métissé je les lègue
à l’enfant que j’ai fait
et qui déjà
croise d’autres fils
reliés aux miens mais libres
d’en conjuguer de nouveaux


vivants tissus
tissés et métissés

Alain HELISSEN

Totem pour ma langue

Petit
J’ai appris tes mots
Mot à mot
Et mot déjà
dans marmot
Mots sucés
Mots poussés
Mots imités
Singés

 man
La langue
est sur tes lèvres
J’ai appris tes mots
pour bâtir des phrases
une à une
comme un pont
entre nous

 Et peu à peu
J’en ai appris d’autres
Cueillis dans ce jardin
De la langue française
Il a subi je sais
Bien des dévastations
Des mots sont tombés
dans l’oubli
D’autres jouant des coudes
ont trouvé place
plus ou moins éphémère
pas toujours bienvenue

Ma langue
Je creuse encore en toi
Posant comme sédiments
mes mots sur cette page
offerte en partage
à ceux de ma tribu

Alain HELISSEN

Inventaires inachevés

    Prodigieuse banalité de ce matin. Soleil et rosée blanche sur les graviers de l’allée qui scintillent, précieux. Murets du jardin comme neufs, nés du jour dans la pleine immobilité du gel. Plus loin, les oliviers veillent sur leurs ombres, les cyprès ne sont pas encore ébréchés par le vent.
    Banalité d’un dimanche clair.

   *

    Je pourrais ne plus être de ce monde obscur, l’aube n’en serait pas moins étrenne pour vos yeux, lecteurs invisibles.
    Une aube de l’an deux mille quatorze et cependant aube naissante, fraîche,  aussi désirable que la chute des reins de celle que vous aimez.

   *

    Je devrais louer cette flaque d’eau de pluie arrondie dans la clairière, car elle est un grain de beauté du monde, graine d’un ciel descendu en bleu ineffaçable dans ton regard.

   *

    Adieu aux fleurs privées de fruits, chairs sans désirs, mots privés de silences.
    Pourtant, ce matin, au fond de mon impasse, l’odeur de l’inule visqueuse me réconcilie avec un ancien temps de liesse et de bonne solitude.

   *

    Il arrive que le mistral au premier jour de sa colère me crispe, ride les ombres, casse une branche dans le pin gardien de la terrasse, devant le portique vert des enfants.
    Parce que les enfants sont absents.
    Parce que les ombres sont des chicots creux.

   *

    Et rien qu’un dernier vœu : revoir
    Le jardin aux murets secs
    Mais au figuier adolescent
    Jusqu’à la pâmoison des filles
    Molles.

   *
    Comment regarder cette chaise de plastique crème de jardin oubliée entre le chêne vert et l’olivier sans l’humilier du regard ?
    Elle, si patiente, qui pourrait apaiser mon corps qui est là dans un rien si agité.

   *

    Hautes herbes follement vertes entre les rails rouillés,
    Avec le vent, vous survivez à la déraison du voyage.

   *

    La pluie têtue puis le mistral sont descendus à cru des sommets nuageux. J’ai  résisté puis cédé, éparpillé mes membres dans le jardin que la terre étreint.

   *

    Dans l’aujourd’hui, dans l’eau du jour, la pluie tiède a cessé.
    Le talus de l’impasse offert aux lèvres des coquelicots, te ressemble, je l’aime.

   *

    Sac à dos, vent.
    La route du matin rajeunit chaque pierre.
    La poussière est une belle enneigée.

   *

    Il pleut sans passé. Un ailleurs insaisissable erre dans le gris mouillé du jardin. Plus tard, fin de matinée, le bleu rincé du présent monte violemment de la piscine.

   *

    Entre les mimosas fleuris, plus éclatés que des adolescents en bande, l’air vaporise des soleils.

   *

    Monstration des mimosas pour une fête silencieuse à globuleuses lumières.      
    Impudiques fleurs sous leurs fanfreluches jaune feu, fourrées de soleil.
    Plantureuses fleurs à floribondité généreuse. Gourgandines !    
    Ce matin, un rameau d’or a été déposé sur la table de la cuisine dans un haut verre blanc débordant d’eau froide. C’est fête.

Marcel MIGOZZI

Poèmes

Des pommes sur la neige

Un pas en avant, deux en arrière,
la chaise de la confiance se met à grincer.
Ils sont vains, les essais de se surmonter.
Quelle part de raison et quelle part du cœur
pour que tu pardonnes.
Le maître de ton corps est dans la croisée de la fenêtre.
Quelle part du cœur et quelle part de raison
pour que tu oublies.
Ils sont abasourdis, les jardins de pommiers,
par l’appel effréné de la chair.
Le souverain de ton corps passe
et sa caresse n’est pas suffisante
pour apprivoiser les petits fauves du désir.
Mais de quoi parles-tu?
Ce n’est pas un après-midi comme tous les autres,
ici tout est étrange pour toi,
le linge qui sèche sur la terrasse,
les robinets vides,
la ville où nous vivions,
s’amoindrit dans le souvenir:
il ne convient pas que nous cherchions un sauvetage
sous le chapeau de l’attente.

Un pas en avant, deux en arrière,
trois pommes jaunes sur la neige blanche.

*

Les cigognes

Pour entrer dans l’essence des choses,
je m’accroupis au soleil près du mur,
j’ai un fil blanc-rouge au poignet.

Je ne crois plus qu’elles portent les enfants,
je ne crois plus en Darwin.
Les corps nus sont l’état naturel des choses
je cherche la première graine.

Aiguise soigneusement le couteau
avant de te coucher
celui avec la lame la plus fine
pour que j'épluche la pomme
et la condescendance masculine
dans ton regard.
Puis, quand tu seras endormi,
je ferai une coupe  fine
à peine visible
sur ta hanche
et tu ne sentiras aucune douleur
quand je rentrerai en toi.
Puisque je suis la côte manquante,
tu deviendras de nouveau entier.

Le matin
nous ne serons plus les mêmes.

*

Pourvu qu’un jour ils ne commencent pas à parler


Elle est toujours de ce monde
Même si elle demeure
Dans la partie la plus basse du ciel.

Un poignet amaigri
au-dessus du tiroir avec les couteaux,
des ponts de veines gonflées
à travers lesquelles ses rêves voyagent
la nuit.
Chaque fois qu’elle se coupe
un caillot de rêve s’écoule,
qu’elle note sur un bout de papier
et glisse dans la boite à bijoux:

c’est là qu’elle garde ses peurs
de la partie la plus basse du ciel.

Aksinia MIHAYLOVA

Poèmes

L’enfant trace à la craie une ligne : frontière entre le réel et l’imaginaire.

Un amour apparaît à la fenêtre comme une apparition ou une évidence.

Les pinceaux sont rangés
Le portraitiste dort au musée
Ère du selfie.

J’ai des mots qui font de la trampoline
En marge de mon cahier.

À quelle gare dois-je t’attendre ?
À celle de l’oubli, du regret ou à celle des retrouvailles.

Je me tairai  
Jusqu’à demain,
Promis, juré, bonne nuit.

Je m’oublie jusqu’à renaître,
Taches d’encre
Sur une feuille chargée de sens.


Un texte
Bouteille à la mer
Dans cette coquille de verre translucide
Qu’ai-je pu raconter…
Le sais-tu ?

J’aime bien
Quand les mots
Dessinent des ronds dans l’eau.


Abysses océaniques,
Architecture informatique,
Univers microscopique,
Enfilade de galaxies et clonage,
Jules Verne apprécierait notre époque
Est-ce que je me berne ?


Que faites-vous dans la vie, madame ?
Je dessine des soleils et des nuages à la télé.


L’auteur notait n’importe quoi, il prenait son carnet Moleskine pour une lanterne.

Devenir le loup sortant de sa tanière pour se sentir appelé par la lune et les étoiles, faim du corps et quête, jusqu'à l'aube. Souffle haletant, besoin de mordre, de dévorer, goût du sang et encre rubis sur les crocs.

Elle porte toujours ses escarpins comme un papillon sait se poser sur une fleur.

Le chat bicolore de ma voisine avait un dos gris souris et un ventre blanc pitbull.

Marcher avec l’assurance d’un pingouin sur une banquise en fibre de verre.

Denis MORIN

TOUS LES CHEMINS MENENT NULLE PART

                Pour la quatrième fois de la matinée, Jack avait reçu un flash d’information. Cela consistait en une sorte d’éclair diffusé dans toute la pièce où il se trouvait et sur laquelle il n’avait aucun contrôle. L’éclair était bref, mais d’une très forte intensité, et diffusait des informations que sa conscience ne pouvait pas saisir clairement.

                Durant cette matinée, il n’avait reçu seulement que quatre éclairs alors qu’il essayait de se concentrer sur des travaux dont il ne savait pas s’ils aboutiraient.

                Se servant une bière, comme il en avait l’habitude, un cinquième éclair jaillit. Deux ou trois secondes s’écoulèrent. Puis d’un geste maladroit il renversa la bouteille posée sur la table. Il fut traversé de légers tremblements, comme il n’en avait encore jamais eu auparavant.

                La moyenne journalière, pour la plupart des habitants, était de subir environ une vingtaine d’éclairs. Commençant à être pris d’un certain malaise, Jack décida de prendre un peu l’air. Il rangea quelques affaires, regarda dans les poches de sa veste s’il n’avait rien oublié, puis sortit de son domicile.

                Au dehors régnait une atmosphère trouble constituée d’un mélange qui ressemblait à la fois à une sorte de monde idéal en même temps qu’à une fin du monde. Des lumières clignotaient sur toutes les façades, jusqu’à produire presque plus de luminosité que le soleil de midi. Mais en même temps, tout cela dégageait une indescriptible sensation que tout ce qui avait été bâti ne portait en rien les traces de la raison humaine. Les néons semblaient communiquer entre eux, sans que quelque volonté humaine n’eût participé à tout cela.

                Levant la tête et respirant profondément, il eut l’espace d’un instant la sensation de n’être pas même la moindre poussière perdue dans l’univers. D’être quelque chose de si petit, de si élémentaire, que même les composants de la matière qu’étudiaient les physiciens demeuraient bien éloignés de cet infiniment petit dont il prenait conscience de manière floue, indistincte.

                Tandis qu’il marchait, avec ce regard si particulier qu’il avait presque toujours, des propos d’un très ancien philosophe lui revenaient à l’esprit.

                Les rues, bien que constituées de matériaux provenant des dernières technologies et avec l’intention de la part de ceux qui les avaient conçues de lancer un défi à l’usure du temps, dégageaient néanmoins sous le regard de Jack une fragilité que bien souvent les touristes ne percevaient pas, même munis de tout un attirail fait pour prolonger ou décupler la vision.

                Toute cette absurdité qu’il avait pressentie, déjà, lorsqu’il était plus jeune, n’avait fait que se confirmer avec le temps. L’intuition de cette force qu’aucun appareil de mesure, probablement jamais, ne pourrait mesurer, provoquait cette légère gravité dans les expressions de son visage, dont il restait toujours quelque trace même lorsqu’il était joyeux.

                La nature lui apparaissait comme étant d’une redoutable cruauté. Car elle décidait, à partir du simple minéral inerte, de faire passer cette matière que l’on pouvait imaginer « paisible » à un état d’être vivant, comme si elle eût voulu infliger le pire des châtiments. Châtiment extrême puisque cette nature avait également prévu, par divers procédés biologiques et sociaux, de ne pas pouvoir mettre fin à cette souffrance autrement que par sa seule décision.

                La rue se prolongeait devant lui. Tout en marchant d’un pas plutôt lent, il ne faisait depuis bien longtemps plus attention à toute cette vie mécanique développée par la société humaine avec l’espoir d’y établir un ordre plus parfait. Mais les concepteurs de ce monde avaient-ils vraiment réfléchi sur ce que signifiait le concept d’ordre, et si cette illusion correspondait réellement à la grande nature, à cet infini que les hommes ne voulaient pas voir, jusqu’à presque se crever les yeux par crainte d’entrevoir le mince faisceau de lumière qui pouvait les amener à ne plus avoir la moindre certitude.

                Il déambulait dans cette ville, tandis que les passants se pressaient pour perfectionner cet ordre auquel ils croyaient afin de se rassurer de l’incohérence dont ils avaient par moment l’intuition, lorsqu’ils se retrouvaient dans le bus, dans leur automobile, sous la douche, ou dans quelque endroit qui normalement ne devait pas même les amener à se poser de questions, en s’imaginant que la vie était d’une telle transparence qu’il n’y avait plus rien sur quoi réfléchir.

                Jack marchait toujours. Que l’homme pouvait-il bien faire de plus que de continuer à tourner en rond ? Cette sphère dupliquée à l’infini était la punition humaine. Partout où ce bipède doué de parole et fabricant d’outils tenterait d’aller, il serait condamné à tourner en rond. Parmi les grouillements de sa pensée, la phrase d’un historien venait de s’échouer dans sa conscience claire : « …sans passé, il n’y a pas d’avenir… ». Pourtant il n’était pas certain du tout que l’univers et les hommes perdus dans cette immensité traversaient la vie d’une manière linéaire et dans une direction précise et stable. En fait de bâtir un monde plus vivable, en essayant de toujours conserver cette caractéristique de vouloir faire perdurer le passé, le résultat s’avérait en fait inverse, et l’homme finirait par périr de sa vanité à vouloir faire perdurer les vestiges, afin de montrer l’évolution, les ancêtres, et tout ce bric-à-brac pour antiquaires qui ne servaient aux hommes qu’à croire que cela ne s’arrêterait pas, que cela continuerait toujours, que cette vie qu’ils distinguaient à peine ne pourrait jamais s’arrêter, et que « la nuit des temps », comme ils l’appelaient, dégageait quelque signification, sans pouvoir néanmoins avoir une idée précise de ce que pouvaient recouvrir ces termes. Cet espoir du recommencement apaisait les hommes en les aidant à accepter leur finitude, avec une prise de conscience que dans l’illusion du recommencement tout finit par s’arrêter.

                Alors qu’il passait devant une suite ininterrompue de commerces, il s’aperçut, en croyant avancer dans une direction relativement droite, qu’il se trouvait en fait dans une rue dans laquelle il était déjà passé. Ainsi, comme de nombreuses personnes qui cherchaient leur chemin, il avait fait également l’expérience de ne pas savoir exactement vers où il allait. Mais à la différence, par exemple, du simple touriste qui s’apercevait qu’il s’était perdu, cette situation avait provoqué chez Jack une sorte de confusion plus profonde. Puis il se mit à penser que dans l’expression « perdre sa vie » résidait plus la notion d’égarement que de perte, comme s’il eût fallu trouver un chemin pour ne pas se perdre. Mais il savait que les plans, les cartes, les panneaux de signalisation et toutes les techniques inventées par la signalétique, jusqu’au GPS, ne pouvaient empêcher les hommes de se perdre, d’être irrémédiablement perdus dès leur venue au monde.

                Il arrêta sa marche, regarda autour de lui. Des individus passaient, les automobiles roulaient sur la chaussée en émettant ce bruit si caractéristique des grandes villes.

                Immobile au milieu de la rue, il pensa que les gens qui, éventuellement, posaient leur regard sur lui, devaient le considérer d’une étrange manière. Il leva la main en direction de la route. Un taxi s’arrêta. Le chauffeur baissa la vitre de la portière et regarda Jack. Il attendait l’indication de la destination où il souhaitait se rendre. Ils se regardèrent, chacun attendant de l’autre la première réaction. Autour d’eux explosait le vacarme de la ville lorsque, enfin, le chauffeur prit la parole :

_ C’est pour aller où ?

                Les mots résonnèrent dans le cerveau de Jack, puis se transformèrent en échos, tout d’abord espacés, puis progressivement de plus en plus rapprochés jusqu’à enfin produire une sonorité compacte vidée de toute signification. On entendait les bruits de Klaxon et les conducteurs qui s’insultaient parce que l’un n’avait pas respecté la priorité. Où était-elle donc la priorité dans tout cela ? Dans l’histoire de l’humanité, existait-il une chose qui fût plus prioritaire qu’une autre chose ? Tout l’édifice humain n’avait été bâti que sur ce qu’il avait imaginé être « des priorités ».Qu’y avait-il de plus prioritaire dans la constitution d’un être vivant, ou même de l’univers ? Chaque élément était aussi prioritaire que les autres.

                Les feux de signalisation basculèrent plusieurs fois du rouge au vert puis du vert au rouge, pendant que Jack regardait toujours le chauffeur qui semblait s’être momifié. Car le chauffeur de taxi, c’était un peu cela : un être totalement immobile toujours en mouvement. Comme l’avait mentionné un urbaniste, plus l’homme se déplaçait, et plus il ne restait en fait que surplace.

                Le chauffeur de taxi reprit :

_ Où voulez-vous aller ?

                Cette fois-ci, Jack interpréta la question d’une manière qui lui parut au premier abord plus précise, du moins c’était la sensation qu’il en eût. Mais après l’espace de quelques secondes, tout vacilla dans son esprit. Des morceaux d’images incomplètes envahirent totalement sa conscience, puis il sombra brusquement dans une profonde et indéfinissable tristesse. Le chauffeur devait probablement le regarder, attendre une réponse, et bien que Jack fût en face de lui, il ne le voyait plus, ne percevait en fait plus rien, ni lui, ni son automobile, ni cette route, ni cette ville ; rien, plus rien.

                Dans le flou de sa conscience, n’apparaissaient que des images comme provenant d’un temps qu’il ne réussissait pas à estimer. Un temps paradoxal, qu’aucune physique n’aurait pu expliquer. Un confus mélange de brièveté identique à celle de la vie du papillon avec, pourtant, dans cette durée éphémère, la vision d’un visage qui le propulsait dans une mystérieuse sensation d’éternité. Ce n’était même pas pour lui le mot supportant le concept d’éternité (que l’entendement, du reste, ne pouvait pas concevoir), mais surtout une sorte de quelque chose qui n’était mentionné dans aucun dictionnaire et qu’il ressentait avec une telle intensité que son être tout entier en était imprégné.

                Jack répondit alors au chauffeur :

_ Je souhaiterais aller dans le centre.

                Il n’avait ajouté aucune autre précision. Seulement cette courte phrase.

                Le chauffeur de taxi ne réagit pas immédiatement sur ce que pouvait signifier en fait « le centre ». Pour lui, le centre était un vague point dans la géographie de la ville.

                Le taxi se mélangea au flot ininterrompu des véhicules, tandis que Jack, assis sur le siège arrière, prenait conscience d’être tout simplement là, en train de respirer, de percevoir faiblement ses pulsations cardiaques. Se sentir exister semblait pourtant aller de soi, sans qu’il fût nécessaire d’y réfléchir un instant. Alors que derrière la vitre un monde plein d’évidences défilait, le chauffeur appuya sur le bouton du compteur.

                Le « compteur » était également un élément caractéristique de cette époque. La quantification était devenue une des obsessions de l’humanité. Ce qui n’était pas quantifiable n’existait tout simplement pas. Le monde état-il vraiment mathématique, comme le pensaient certains scientifiques ? Il n’était pas du tout certain que les chiffres fussent en correspondance avec la nature. Si ceux qui n’étaient pas géomètres étaient, jusqu’au dernier, chassés des villes, alors le monde ressemblerait à un terrain vague jonché de détritus et de décombres. Personne ne pouvait savoir si le souffle de la vie reposait sur une quelconque algèbre.

                Durant ce transport, la circulation devenait de plus en plus fluide et le taxi augmentait peu à peu sa vitesse. Il traversait à présent une grande avenue qui, par contraste avec les instants antérieurs, paraissait totalement déserte. Cela procurait une insolite impression de parcourir la ville à quatre heures du matin, lorsque presque tout sommeille, alors qu’ils étaient en pleine journée. L’avenue étant totalement dégagée, le chauffeur augmenta progressivement sa vitesse.

                Alors que rien ne semblait ralentir la lancée du véhicule, ce dernier percuta un obstacle que, ni Jack, ni le chauffeur n’eurent le temps d’identifier. Tout s’était déroulé si vite, que Jack et le chauffeur de taxi moururent presque instantanément.

                Quelques jours plus tard, la carcasse du taxi fut envoyée chez un ferrailleur. Quant au chauffeur et à Jack, ils furent incinérés dans un endroit moderne, où les peintures avaient été récemment refaites.

                La carcasse du taxi fut recyclée par l’industrie, et l’on utilisa ses matériaux de base pour fabriquer des machines à faire des jus de fruits, ces boissons dont raffolaient tellement les enfants.

Serge Muscat 2015.

LA DESTRUCTION DU CORPS DES RÊVES

« Celui qui entre en collision avec les choses, serait-ce le même que celui qui les harmonise ? » (Hugo Ball)

Un matin comme un autre on se lève en pensant. Que sous la pluie rien ne parvient, le ciel s’étire à perte de vue, l’horizon disloqué est aussi le reflet de ce qui vibre à l’intérieur de cette sphère emblématique. Du corps qui chante ou qui expire on se souvient surtout de lui. Le visage est un rêve qui détruit l’apparence. De toute forme imaginaire jaillit le feu du sacrifice. De la pierre angulaire sous le vent des marées se construit le destin des idoles de Dagon et le jeu des miroirs sur le vaste océan. Commence alors la destruction ou le rire des possibles sur la chair du néant. Les objets se disloquent en torsions éphémères, le feu souffle et mugit comme un ventre de diable, les démons se poursuivent dans le temple des nerfs et les yeux du réel sont un songe illusoire qui traverse la forêt des passions mémorielles.

Mais tout cela peut signifier la fin de tout recommencement. Quand le serpent se mord la queue par-delà les étoiles et les bleues étendues. Les œuvres d’art sont des statues qui veillent au bord des marécages. Car le sel se dépose sur la bouche des vivants. Un typhon se rassemble dans le corps du sommeil jusqu’à ce point d’accoutumance où c’est la vie qui se déchire en minuscules palpitations  que hantent les fleurs du désespoir. Table rase des idoles et des mots inutiles. Le barde alors se dépossède de toute infime excitation. Les avions se déposent sur la piste du cirque et le rire muet des otaries sillonne les rives de l’Orénoque.

Nous sommes le 16 janvier. Nous sommes à Douarnenez, quelque part en Bretagne, quelque part dans nos rêves. A l’autre bout du monde, jusqu’au bout de soi-même, délicate frondaison des images magnétiques quand la pierre fossilise les élans créateurs et la somme des miracles sur la toile imprimée. Une sculpture au bord de l’eau, une peinture au bord des larmes, une musique dans les artères, un film noir et combatif célébrant l’apogée des marins de Cronstadt, les naïades endormies près du quai des amours, les verres trinqués à la beauté, à l’émergence du dadaïsme, au regard subjectif des passions essentielles.

Nous sommes le 16 janvier et nous sommes à Zürich. « Comment obtenir la béatitude ? En disant Dada. » Nous sommes le 16 janvier au Cabaret Voltaire. Cent ans jour pour jour avant la destruction du grand recommencement, de l’éternel retour. Les molécules de la matière vont retourner à l’essentiel. Infinitude océanique amniotique chamanique en toute exquise dissolution ou de l’alpha à l’oméga sur les marches du palais qui nous mènent au soleil.

Le moment d’en finir, de clore un cycle et de dire stop. Tout se consume en un instant. Tout ne tient qu’à un fil, un fil de soie ou de diamant que tissent les nymphes arachnéennes. Une indicible extase attend. Que surgisse la conscience en un geste éphémère. Car la beauté est fugitive, chaque pensée qui émerge aussitôt se dissout. C’est une leçon d’impermanence. Quand tout finit par disparaître. Seuls subsistent le silence, l’impalpable émotion des icebergs de la nuit, les lumières sur la ville et le pas des danseuses.

Nous sommes le 16 janvier et l’œuvre de toute une vie va retrouver son sens. C’est la pure volonté qui féconde le désir. Le feu sacré d’une expérience dirige les astres et les planètes. C’est un puzzle onirique où se joue le destin. Les dieux s’amusent comme des enfants. Héraclite le savait : « L’univers est un enfant qui joue aux dés. »

Les sculptures minérales et organiques de Gérard Gartner vont retourner au néant, à la pure vacuité, à l’indicible extase d’un instant perpétuel. La volonté est un démiurge et nul ne peut que s’y soumettre.

« Love is the Law, Love under Will » (L’Amour est la Loi, l’Amour soumis à la Volonté) La célèbre devise du poète et magicien Aleister Crowley illustre bien cette évidence. Ce que désire vraiment Gartner se voit ainsi réalisé. Il n’est pas si courant que cela dans le monde de l’art et dans le monde tout court qu’un artiste aille au bout de ses rêves et puisse ainsi de son vivant boucler la boucle de son œuvre.

L’esprit et la matière se créent et se transforment en permanence. Il n’y a pas de destruction. La destruction n’existe pas. Tout comme la mort n’existe pas. Il n’y a que la vie et ce souffle infini. Il n’y a que ce rêve et la force immanente. Nous renaissons à chaque instant en un cercle infini de subtiles et incessantes métamorphoses. La « destruction » apparente des œuvres de Gérard Gartner ce 16 janvier 2016 à Douarnenez fait revivre l’esprit du plus pur dadaïsme, traverse le temps et les étoiles de nos multiples incarnations.

Cette œuvre ultime et alchimique reste à jamais dans notre cœur. Les poissons et les mouettes continuent d’exister. Le ciel est sans limites, il se confond avec la mer en un miroir resplendissant. Ce qui a été fait à partir du néant aussitôt se défait et revient à la source. Le primordial serpent cosmique engloutit les travaux et les œuvres des hommes. Forgerons immobiles sous la voûte stellaire qui observent et commentent le vol noir des corbeaux. C’est à coups de marteau que se fait la pensée, qu’elle se transforme et évolue. Les statues de Gartner vont franchir le miroir. Notre regard invente les formes et les histoires de l’Oncle Paul. Nos émotions sont des statues que recouvre la neige des saisons éternelles. Jusqu’à la pure dissolution. L’innocence et le rire sont des voies singulières qui accompagnent le voyageur sur la montagne du gai savoir. Se précipitent les destriers au gré des flots et de l’écume. Les vagues sillonnent la pensée vierge et le ciel se renverse au-delà du réel. Ce sont d’intimes photographies qui ressuscitent le jour qui meurt. On aperçoit les cerfs-volants sur les collines avoisinantes. Tout au bout de la plage et sous l’ombre des nuages on distingue les chevaux galoper dans la brume. Ils emportent les rêves des nomades tsiganes. On s’avance doucement sur le sable du temps. Le soleil se reflète sur les blancs coquillages. La mer est vaste et éternelle.

Nous sommes le 16 janvier, il pleut sur Douarnenez. Une étoile de cristal paraît sur les dunes. Quelques chats se promènent dans les rues silencieuses. Les sculptures de Mutsa ont charmé les félins. Ils ont vu les sculptures, ils ont bu la lumière, mémorisé les sensations et les visions d’un autre monde. Les sculptures alchimiques minérales et organiques de Gérard Gartner retournent enfin à l’origine. Le retour éternel est un chant solitaire. Les œuvres d’art sont des sirènes qui transfigurent la volonté et la conscience individuelle. La démesure devient la règle en son royaume incandescent ivre de joies prométhéennes et de sereine lucidité.

Il pleut toujours sur Douarnenez et les sculptures ont disparu. Ont-elles seulement existé ?

                                            Marc-Louis QUESTIN

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...

Angela | Réponse 10.10.2015 06.02

Mots des sages
poètes d´aujourd´hui
belle page
merci

Voir tous les commentaires

Commentaires

15.04 | 22:35

Revue toujours au top; nombre d'auteurs croissant; chaque numéro amène de nouveaux talents, de nouvelles trouvailles et...quelques belles illustrations!

...
15.04 | 17:48

Les poètes, on le lit bien, sont bien au courant des instants de lumière qui parfois flirtent avec l'ombre; il en va ainsi de toute la vie...

...
13.04 | 15:38

Merci Monique, ce sont les danseurs en cours d'études professionnelles au Centre de formation en danse Off Jazz, qui ont donné leur passion et talent au public

...
10.03 | 10:33

c'est beau, c'est très beau. Oh que j'aime cette aspiration à la lumière !

...
Vous aimez cette page