Lectures de Patrick DEVAUX (2013 - 2014)

Crépitement de l’obscur

Prix d’édition LITTERALES de Poésie 2014

de Calou SEMIN, octobre 2014

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Incandescence et douceur dans « crépitement de l’obscur » de Calou SEMIN.
Feutrée dans l’ombre, l’âme éclaire ce qui passe à sa portée.
Les mots sont comme avalés, grignotés dans une sorte de saccade, une sorte d’étreinte répétée.
Quelque chose d’immense s’échappe des mots
« - Bonjour, voici l’immensité de ma peine » : les présentations sont faites…
Le reste suit, sans concessions…
La douleur est traversée avec des gestes en apparence anodins, énoncée comme un fait : «  Il fut si fatigué de son visage qu’il le perça curieux sans y penser d’interrompre le fil ».

Les images sont lumineuses ; il y a quelque chose d’un Christ en croix dans ces textes : « Il effeuilla presque sans rire ouvert à tous son grand désespoir lumineux ».
Il y a dans ces textes une évidente volonté de faire parler une certaine poésie et j’ai d’ailleurs parfois songé au splendide film « Le cercle des poètes disparus ».
La douleur est là, forte, interpellant la lumière. Cette dernière crépite. On devine son dur combat : « la parole n’est pas simple chose, mais nous permet parfois de regarder le ciel ».
Quelques calligrammes font chuter le vocabulaire de ces poèmes lâchés comme une suite d’expressions à la limite de l’aphorisme : « au royaume des murs, les idiots ont des toits ».

On comprend une solitude déchirée en confettis qui font fête au contraire des gloires et des paillettes.
Un beau poème à l’espoir et aux souffrances très contenus, le tout crépitant dans une sorte de sommeil fort indéfinissable, beau à rêver avec, en éveil, des instincts de survie toujours prêts à bondir puisque « c’est l’esprit qu’il convient de panser ».

Texte de blessure sans saigner pour autant où domine quelque chose de sauvage et de doux en même temps, quelque chose du guépard prêt à bondir.

Patrick DEVAUX, décembre 2014

Patients comme les algues

Poèmes, Prix des Beffrois 2013

de Jean-Louis KERANGUEVEN, édition Douayeul, novembre 2014

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Connaissant bien Jean-Louis Keranguéven, je sais et cela se confirme dans « Patients comme les algues » que l’auteur cherche, notamment, à mettre les mots dans ses derniers retranchements.
« Patient comme une algue » à l’attente de la marée, il a « le coeur en crue sous la faillite de l’amont », à l’écoute d’un silence qui le dépasse et fait beaucoup de bruit : «  à côté de nous le silence hésite à tenir son embrassement ». L’eau, le feu et la vie se mêlent ainsi joyeusement, changeant parfois le cours des choses – et des idées – à une très subtile lettre près…
On frise la recherche pure de la pensée et même si Jean-Louis se sert d’un Guillevic comme d’un livre de poche, interpellant ce brillant prédécesseur comme un ami singulier, il est avant tout – et c’est bien heureux – lui-même…
On devine l’empreinte des surréalistes dans la salutaire confrontation des images à priori incongrues.
Il faut laisser décanter le choix de ses mots comme un vin noble et relire l’étiquette de la bouteille plusieurs fois jusqu’aux infimes pensées soi-disant  secrètes dans sa quête d’intemporalité : «  j’aurais voulu pour vous tel un lettré chinois au sommet de l’intemporel peindre en trois vers le souffle des nuages ».
Très reconnaissant des maîtres anciens, Jean-Louis ne démérite pas d’empiler, à son aise, les matériaux utiles à son jardin de pierres.
Tout un travail (reconnu par le jury du Prix des Beffrois) à « avoir élaboré l’impossible poème ».

Patrick DEVAUX, décembre 2014

Et je marche près d’Elle…
Ou
Le Journal du Temps

de Claude CAILLEAU (Retour au Port-Louis),  éditions Durand Peyroles, 2013

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Eternels retours de mots entre le présent et un passé qui n’a peut-être pas existé, ce vrai « faux-roman » qui n’est pas non plus un récit et se défend d’être, par ce qu’il dit « lui-même » - car c’est bien le récit qui parle, bousculant sans cesse son narrateur – du « Nouveau Roman », nous mène au tréfonds des méandres combinés de l’Ecriture et de la Mémoire.
Le texte semble souffrir d’une sorte de « toc » duquel il n’est pas possible de guérir même si le Temps qui passe fait sans cesse un peu peur à ces hoquets de mots.
Se mêlent, à tous ces prérequis, les pas d’un prof comme on l’entend d’habitude avec toutes ses interventions classiques auprès de ses élèves, l’école servant de déambulatoire et de trait d’union pour « Elle » qui semble, soyons prudents, avoir existé dans cet univers un peu « mirage » :
« Elle parle, peut-être. Penchée parfois pour cueillir une fleur. Je me contente de la suivre, attentif à ne pas la perdre. Car des forces mystérieuses s’opposent à mon avance, et je perds du terrain. Bientôt je ne la verrai plus. »
Et les souvenirs s’accumulent comme autant de vrais faux- passeports aux frontières du temps qui passe et de la mémoire que le récit-narrateur interroge régulièrement sur sa fidélité : « Chaque souvenir a un sens, chaque bribe arrachée à l’oubli ».
Cet étrange univers où l’auteur pose à celui qui écrit la question de savoir si son livre « avance » évoque furtivement la mer, en Bretagne.
Un évènement tragique d’un scooter qui dérape sous la pluie enlève une amitié à travers une question-réponse pleine de doute pour « Elle », l’amie depuis l’enfance : « Personne n’avait compris, disait-Elle encore, si ce n’est qu’il était possible qu’il ait voulu mourir ».
Ces rapports entre les êtres sont diffus comme recouverts d’un brouillard un peu mouillé d’ambiguïtés : il faut deviner ce qu’on croit savoir et ne pas savoir ce qu’on imagine deviner…C’est que le temps est passé sur ce flot d’images comme si elles étaient exacerbées de ne pas avoir été découvertes « à temps »…
« Et je marche près d’Elle » retient surtout les petits gestes, les attitudes qui paraissent anodines et deviennent de grands moments, ceux du « Journal du Temps »…
Le fait d’annoncer deux titres ne doit rien au hasard : il confirme toute l’ambiguïté qui existe à se souvenir tant il est vrai que la mémoire, si elle nous joue parfois des tours, complète, à sa façon, les blancs suggérés involontairement ou non par l’auteur de cet étrange livre écrit avec la franche discussion des acteurs qui, dans le fond, décident eux-mêmes du récit. Ce sont tous les souvenirs croisés qui s’interpellent. L’auteur n’y est pour rien.
Ecrit comme on joue du piano à au moins quatre mains, tout parait involontaire dans cette belle volonté d’Ecriture…

Patrick DEVAUX, novembre 2014

Sur les feuilles du temps

Poèmes de Claude CAILLEAU, éditions Echo Optique, mars 2013

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Une sorte de radoteur raconte ici ses combats de vieux guerrier assis au coin du feu.
On se réchauffe les rides du front penseur aux projections de cendre de l’Eternité.

L’auteur nous rappelle, parmi la brillance de ses mots à lui, les étoiles de la poésie ou de la chanson avec pour vecteur la lumineuse affiche des grands noms : Prévert, Greco.
Le temps nous rend familier et Claude  Cailleau interpelle facilement ses sabliers par leur prénom préférant ainsi interpeller « Guillaume » qu’ « Apollinaire »…

Le texte, écrit en continu, déroule le temps comme dans une boîte cylindrique à musique ; s’échappe de Lui autant de joies, de peines, de souvenirs qu’en peut donner la progressive rouille des notes : « Une fille venait S’en venait, s’en venait vers toi qui t’en allais, Tu te rappelles ? Abritée sous un porche… »
Les mots glissent des pieds dans les mortes feuilles laissant nu le tronc de l’Eternité pour mieux encore y graver l’instant présent, « être encore ce vieux, dont la voix se colore d’un reste de sang. D’illusion et de vie ».
Ainsi Brel est-il rappelé sans être nommé dans « Mais vieillir oh vieillir » en italique suggérant ainsi les mots dans leur effacement progressif.
S’ensuit, in fine, un dialogue (en fait, un monologue) entre le Poète et le Vieux. Et le Vieux de dire «  Et la photo jaunie ne parle plus qu’à moi ».
Belle interrogation sur le temps qui n’est pas sans rappeler le ton de Franz Hellens, un autre grand poète, dans « paroles sans musique » paru, naguère, chez Seghers, le poète-éditeur .

Patrick DEVAUX, novembre 2014

La démesure
Soumise à la violence d’un père

De Céline Raphaël, éditions Max Milo, février 2013

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Jouer du piano et être entourée de sourds. Voici bien le thème de « la démesure » de Céline Raphaël, ce récit écrit comme un roman, la vie racontée de cette enfant (par elle-même, devenue adulte) obligée, donc contre son gré, de devenir une pianiste de génie.

L’autorité paternelle exercée à l’extrême va, tôt, contraindre l’enfant de 3 ans à peine à jouer chaque jour une heure de piano.

Cet instrument, à priori délicieux, objet de plaisir, va devenir dans les mains de l’adulte un instrument de torture hors norme.

Progressivement, Céline sera coupée du monde, enfermée même, craignant pour sa vie tant l’évolution de l’abuseur va croître dans l’indifférence générale des voisins, du professeur de musique, etc…

En quelques années à peine, l’enfant deviendra focalisée sur sa survie, la moindre tentative de révolte s’achevant sur un « tais-toi et joue ».

Les coups de ceinture vont pleuvoir entre les touches noires et blanches des leçons de piano à concurrence, in fine, de cinq heures par jour.

Le père, directeur d’entreprise le jour, monstre avec sa fille le soir et encore davantage le week-end, va faire d’elle une bête de concours.

Pendant toutes ces années, Céline va se taire.
L’entourage aussi…

Inutile de décrire ici les brimades subies. La sincérité de ce récit sidérant palpite à notre humanité. On se demande comment c’est possible. A chaque phrase, je me suis senti Céline…

Ceci me conforte que dans pareil cas il y a lieu de parler au bourreau, de faire parler la victime surtout, d’être attentif.

Applaudie lors des concerts, battue presqu’à mort pendant les répétitions, Céline s’en sortira.
Par la grande porte…

Dans pareil cas, on est soit détruit, soit motivé.

Devenant anorexique, l’enfant couverte d’hématomes, les médecins concluront même à un syndrome de Münchhausen, ce qui insinue des blessures « auto-infligées »…

Le « respectable » bourreau finira par être coincé à la fois par l’anorexie de sa fille (il n’a plus d’emprise physique sur un corps qui s’abandonne) et la réaction très tardive des processus psychologiques à partir de la scolarité.

Céline deviendra médecin, ne pardonnera pas à son père mais acceptera son vécu pour pouvoir s’en libérer.

Bravo à ce livre. Son livre.
Merci à Céline pour la force de son témoignage.

Postface de Daniel Rousseau, psychiatre pour enfants.

Patrick DEVAUX, octobre 2014

« Dans les rues de Londres une aventure »

de Virginia WOOLF, éditions du chemin de fer, mars 2014

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                Je n’ai pas eu « peur de Virginia Woolf » en lisant ce court et magistral ouvrage qui nous promène dans les rues de Londres.

La capitale anglaise est vue par la tangente et le regard très oblique et très fréquenté de cette remarquable écrivain, au demeurant ici fort bien traduite par Etienne Dobesnesque, l’ouvrage étant illustré, avec délicatesse, par Antoine Desailly.

Langage étiré d’une situation à une autre dans cette étonnante approche du Londres du début du siècle plutôt en surface qu’en métropolitain.

L’approche du libraire, tout particulièrement, donne du piment à cette étrange gastronomie de mots aux décors somptueux, aussi dans leurs détails, ainsi que l’évocation de toute une humanité précisée aussi dans une certaine forme d’humour subtilement dosé, et ce, dans l’époque révélée.

Le rythme du texte, assez bavard (stream= flot de langage), donne du tempérament à certaines scènes quasi cinématographiques.

Le prétexte de cette diversité londonienne est absolument futile : la recherche d’un magasin ouvert pour…acheter un « crayon à papier » !

« C’est toujours une aventure d’entrer dans une nouvelle pièce, car les vies et les caractères de ses propriétaires y ont distillé leur atmosphère et dès l’entrée nous affrontons une nouvelle vague d’émotion » dit l’auteur.

L’observation, souvent, rejoint l’anecdote, interprétant les passants comme autant de situations supposées dans cet œil critique et attentif de cette chère Virginia, échappée dans la personnalité de ses rencontres. On en redemanderait bien.

En fin de livre, la très intéressante interprétation de la traduction éclaire parfaitement la motivation de Dobenesque.

Quasiment deux auteurs, donc, pour un même livre !

Pour les amoureux de la Littérature

Patrick DEVAUX, août 2014

Aborder les lointains

Poèmes (Prix d’ESTIEUGUES 2014)

De Ida JAROSCHEK, éditions « La  Licorne », mai 2014

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En poursuite des saveurs de menthe « que gouverne la collision des anges », Ida Jaroschek est en recherche de leur reflet initiatique servant d’impulsion à ses rencontres très humaines, cheminant ainsi, à l’envers, dans un processus établi par nos croyances religieuses ou non.

Ses ailes vibratoires sont légèrement encollées d’une douce solitude qui, au contraire de l’éteindre, valorise la rumeur qui l’étreint. 

Son ange intérieur s’arrête parfois pour boire : «  l’eau c’est un baiser une fuite une espérance ».

« Aborder les lointains » donne du titre à ses ailes autant omniprésentes que fugaces et insaisissables.

Ida épuise tous les possibles pour entrer en contact dans une sorte d’éternité aquarellée d’une vivacité silencieuse qu’interrompt parfois la réalité sous forme de cris d’oiseaux.

Le vol est bouclé. L’échappée reste belle, mystérieuse, laissant les songes se déplier en une myriade d’ailes (ou d’Elles).

Au fil des pages, l’ange semble se défaire de ses ailes pour devenir de moins en moins asexué, suscitant la danse, voire un tournis qui, d’une civilisation à une autre, nous marque de l’empreinte originelle qui, ici, d’une façon ou d’une autre, nous a fait venir.

Poésie de langage qui nous en offre d’autres.

« Aborder les lointains », certes, mais en se servant de l’infime, des effleurements proches donnant à l’air même d’une page qu’on tourne tout le mouvement et l’Amour du texte, des mots qui, comme les pas ou les ailes, virevoltent avec une grâce extrême. Celle d’une poète majeure

Patrick DEVAUX, juillet 2014

D’un pas fuyant les brumes

 De Jacquy GIL, éditions « Le Solitaire », Tarbes, novembre 2011

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Jacquy Gil travaille la pérennité avec la patience apprise des gens de la terre, des frémissements solaires des cailloux du chemin.

C’est un poète qui regarde, prosaïquement, vers le ciel.

Sa maturité, issue d’un contact direct avec la vieille vigne, donne à cette dernière vieille dame digne le cachet supplémentaire d’un au-delà de soi bien compris : « je bois le vin nouveau des antiques espoirs et m’initie désormais aux sillons de l’ivresse ».

L’approche humaine de Jacquy Gil se fortifie au bonheur de s’être complu dans plusieurs vies ; « Il n’est rien d’être heureux, faut en assumer les illusions ».

Notre vigneron-poète a l’humour fort quand il se targue, en pèlerin, de prendre, pour ses approches, certaines précautions : «  Hélas n’est point là le pèlerin qui va nu-pieds ».

Dans cette prose poétique, maîtrisée telle la tapisserie d’un ciel étoilé, notre gourmet d’éternité, aussi astronome amateur, est surtout un grand poète de proximité qui, s’il ne nous donne pas de leçon, nous rappelle notre devoir : « Le jour n’est plus en sa demeure, l’homme l’a trahi, trop oublieux »

Intuition, intelligence et sensibilité donnent à cette poésie de niche une grandeur universelle.

Ce pèlerin fixe qui marche dans sa tête « d’un pas fuyant les brumes » est un druide du Sud, à la serpe aiguisée d’une gouleyante humanité : « J’attends de l’ignorance qu’elle veuille bien faire un effort de lucidité », dit-il.

Patrick DEVAUX, juillet 2014

Demain,  je relève mes cheveux

De Chantal LAMMERTYN, éditions du Douayeul, Douai, décembre 2013

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Certains souffles de poésie donnent envie d’encore mieux partager, de mieux connaître encore la passion qui habite autrui.

Dans « demain, je relève mes cheveux », un morceau de temps ramène Chantal Lammertyn à sa vie de poète grâce à cette édition « in memoriam » (dix ans, déjà…).

Poésie de profondeur habitée d’une infatigable et douce sensualité imprégnée d’oralité, Chantal ayant aussi été comédienne.

Poésie de l’Essentiel : « Il est celui que je recherche lorsque je n’ai plus rien ».

Cette grande poète sait se servir avec brio des  grands vecteurs de l’Emotion : l’oiseau, la nature, la mer mais aussi les passions charnelles atténuées d’une douce pudeur aux mains tendues « ta main est d’une géographie bizarre. Je la veux dans ma main ; ma main est une géographie bizarre ».

On quitte difficilement ce recueil de textes emplis d’une rare beauté au trop court destin semble-t-il très fort ressenti de façon prémonitoire : « bientôt ce sera le rapport absolu du corps avec la nuit, la fièvre bleue, danser macabre avec les algues » dit-elle…

Mais, « même dans la nuit, le ciel foisonne » et ses amis dont je me sens proche sans l’avoir connue ont rassemblé ici ces textes également montés en « spectacle-hommage », rappelant ainsi la comédienne.

Bravo donc à Muriel Verstichel et Hervé Leroy.

Patrick DEVAUX, 2 juin 2014 

Kathleen Van MELLE

D’un flot d’étoiles troublées

De Kathleen Van MELLE, éditions du GRIL, 1988

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Je connais ce recueil de mémoire pour l’avoir lu tant de fois…

Issu de divers tiroirs, dont les miens, et réalisé à titre posthume par les éditions du GRIL, il révèle la promesse littéraire d’une jeune poétesse disparue bien trop tôt, à 24 ans.

Kathleen avait cette particularité de vivre « en poète », d’écrire qui elle était : entière, sincère avec les sautes d’humeur joyeuse des déterminations et des rêves de la jeunesse.

« Je suis ton miroir inversé », dit-elle, brillamment ainsi, sans le savoir, à ses futurs lecteurs.

Enfant de deux poètes, elle sera émotionnellement marquée par la vive expression du poète Belge Gérard Prévot qu’elle n’aura pourtant connu qu’à travers les évocations passionnées de sa mère Lucette Grisard.

Kathleen avait cette faculté de lire et d’écrire entre les lignes les mots qu’elle pressentait…

Elle se taisait de vive voix…

« Tu tomberas, mais tu seras vainqueur » dit-elle dans cette belle formule devenue tellement valable pour elle.

Ses textes, écrits pour la plupart entre 16 et 24 ans, ont quelque chose de Rimbaud.

Un jour, pour elle aussi, « les arbres ont cessé de freiner la venue des éclairs »…

Ce fut, hélas, un foudroiement mais sans cendres, cependant : «  Ce n’est pas sur des cendres que nous allons danser », dit-elle, se perpétuant ainsi, à travers sa belle écriture doublée d’une étrange efficacité aussi précoce que naturelle et involontaire.

Patrick DEVAUX, 2 juin 2014

Le cristal des heures

poèmes

De Bernadette THROO, aux éditions Sac à mots, Mars 2014

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Voici longtemps que je n’ai lu un recueil d’aussi pure et belle poésie « classique » certes dans le ton mais très inventive dans les idées, les sons, les allitérations bleues comme les ciels matinaux.

Poésie d’approche, d’observation où une sorte de patiente solitude nous convie au rêve de ce qui existe vraiment.

Admiratif devant le talent de cette poète qui, depuis longtemps, écrit peu mais avec d'autant plus de vérité.

Bernadette semble ne rien inventer. Elle semble simplement s’écrire elle, heureuse d’être une poète de cristal qu’on fait tinter en tournant une à une, avec saveur et délectation, ses pages nous invitant à la belle table de sa tranquillité sans autre modèle que la nature distillant émotions personnelles ressenties à partir d’une véritable introspection à la fois d’elle-même et d’une sorte d’écoute extérieure perpétuelle qui augmente sa résonance, en gratifiant, avec une grande reconnaissance, ce qui l’entoure et l’accompagne : « brouillard dans le brouillard, tu regardes le monde glisser entre tes doigts », dit-elle si bien.

Patrick DEVAUX, 2 mai 2014

Le jour

de Jean MINIAC, aux éditions Bleu d’encre poésies et proses, 2012

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Poète de flux  et de reflux, Jean Miniac rend, notamment, ses observations maritimes poétiques.

La mer elle-même est certes instrumentalisée mais peu de façon « classique », l’auteur se servant des corps physiquement présents pour l’évoquer, notamment l’image du couple vecteur de présence plutôt que de solitude face à l’étendue.

Textes vivant de la densité forte d’une vague plutôt que d’un silence d’oiseau.

L’auteur dit qu’il « n’a jamais su à qui il s’adressait en écrivant un poème », ce qui, bien sûr, lui confère une certaine universalité. Il semble aimer, à travers la mer, une inconnue par transparence qui donne toute clarté à son langage.

Vecteurs d’autrui également, quelques objets ressentis comme « passages de témoin » entre les êtres : un parapluie, un paillasson ( par exemple)font figure de langage où j’ai parfois songé à un surréalisme « à la Belge » avec des personnages ombrés issus d’un Magritte ou d’un Bogaert (ses serres et ses silhouettes noires en redingote).

D’un poème à l’autre, une sorte de solitude, fort accompagnée, semble surgir non pour la communiquer, mais pour la partager, ce que fait avec brio ce peintre du langage universel.

Excellentes illustrations de Colette Deblé laquelle manie la puissance du blanc dans d’étranges et noires évocations de l’ombre.

Patrick DEVAUX

Décollations

de Corinne HOEX, aux éditions L’âge d’homme (La petite Belgique), janvier 2014

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Etrange livre que celui de Corinne où elle se pique de pointer une tête dans un langage particulier faisant références à tout ce qui concerne les univers fantasmagoriques portés sur notre organe de réflexion et ses carrosseries diverses.

Univers insolite s’il en est à vouloir ainsi scalper le langage habituellement bien pensé…

Très détendant, à lire entre décollations afin de ne pas se prendre trop la tête…

L’ouvrage ne s’arrête pourtant pas à des évidences, mais, au contraire, fouillant à la fois notre inconscient collectif et les faits historiques nous menant tout droit à l’échafaud se piquant (une tête ?) , entre deux prises (que vous aurez compris « de tête »également…) d’un humour aussi corrosif que… décapitant… !

Plus sérieusement (de temps en temps…) l’auteur nous rappelle agréablement force de détails « historiques » aussi vrais que truculents…

Quelques décollations célèbres se poussent ainsi du col entre quelques judicieux détails physionomiques et réellement constatés de visu et médicalement qui ajoutent de la vraie connaissance au plaisir de lire cet ouvrage qui, pour autant, …ne se prend pas la tête…

Cet exemple, pour couronner mes dires : « …Et vingt-six jolies têtes artistiquement disposées. Rouges comme des bégonias. »

Bref, avec cet auteur, un vrai …tête à tête…à partager avec grand bonheur

Patrick DEVAUX

Les conquêtes véritables

de Nicolas MARCHAL, aux éditions Diagonale, février 2014

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Approche délicate de la Littérature, humour et respect « physique » de l’esprit de « bibliothèque » se côtoient dans « Les conquêtes véritables » de Nicolas  Marchal avec ce « Prix Première 2009 » réédité par « diagonale » en janvier 2014, ce nouvel éditeur de « premier roman » croisé à la Foire du Livre de Bruxelles, récemment.

Inspiré d’une bibliothèque entièrement consacrée à l’Empereur Napoléon suite au décès d’un aïeul proche lequel se trouve physiquement dans un cercueil au milieu de sa propre bibliothèque, le narrateur qui « veille » le mort s’en donne à cœur joie dans l’expression littéraire de la passion bibliophile, de la dérision et de la vanité.

On y décèlera aussi une grande approche documentaire flirtant parfois avec l’essai historique.

Le ton parfois carrément ironique n’a rien à envier au respect de l’auteur, sensible à travers l’ouvrage, pour toute une génération perdue dans une énorme boucherie humaine vouée à la cause mégalomane d’un chef de guerre fût-il parfois admiré, les hommes tombant comme des mouches au fur et à mesure de l’ouverture des livres que le narrateur restitue avec doigté, c’est le cas de le dire, dans les dérisoires mains du cadavre respectueux de ses livres et de sa passion jusqu’au-delà de son souffle.

Ce jeune auteur promet, c’est sûr, sans pour autant chercher, à tout crin, les lauriers de la Gloire habilement suggérée dans l’esprit de « conquête véritable » cf son illustre inspirateur chu de son piédestal une première fois à Waterloo, une seconde fois dans cet étonnant ouvrage que j’ai lu avec passion en extraits de seulement deux nuits successives.

Patrick DEVAUX, février 2014

En pleine figure

Haïkus de la guerre 14-18

Anthologie établie par Dominique Chipot, aux éditions Bruno Doucey, sept 2013

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L’imagination est à son comble dans ces forcément courts textes de la dite « Grande guerre » où l’horreur côtoie la poésie la plus sublime. L’imagination de vrais et parfois « grands » poètes sans trace autre que celle-là, touchés en pleine jeunesse…

Pour certains, ce fut parfois un poème retrouvé sur un corps méconnaissable, les dernières images d’espérance ou d’amour sublimés et comme « surgis » des corps, pauvres dépouilles sans plus de sens.

Beaucoup de vrais chefs d’œuvre parmi  ces haïkus devenus aussi témoignages de l’indicible…

Et on se dit « que d’intelligences et sensibilités gaspillées »…

N’empêche qu’ils ont eu le bonheur furtif de reconnaître un chant d’oiseau, de faire fleurir des barbelés de guerre dans un endroit où on ne s’y attend absolument pas.

Si j’avais encore un doute, je peux me dire, à présent, et sans naïveté pour autant, qu’on peut faire naitre ou pousser l’espoir en même temps que de vraies fleurs de poésie dans des situations les plus absolues.

Certains « messages » sont de véritables références journalistiques autant, bien sûr, il était difficile, sur le terrain, d’amener un matériel photographique, à l’époque, très fragile.

Il s’agit donc, la plupart du temps, de véritables clichés d’Absolu, aussi fulgurants que la mort, l’imprévisible ou la chance d’être resté vivant à travers cette dantesque boucherie.

Dans sa préface, l’éditeur parle avec justesse de « projectiles » et « d’éclats d’humanité ».

Si certains auteurs, comme Maurice Betz sont connus (pour avoir traduit Rilke…), d’autres sont tout à fait anonymes, leurs papiers ayant été récupérés, avec l’émotion que cela suscite, par des soldats tiers, voire trouvés des années après.

Ce véritable condensé d’Humanité se sert de tout ce qui se trouve à courte portée de regard (nous sommes la plupart du temps dans les tranchées !) pour transcender la poésie véritable à travers objets, attitudes, corps décharnés, espoirs, visage supputé de l’être aimée imaginé à travers presque n’importe quel vecteur.

Ces haïkus sont une grande leçon d’Humanité. Ces hommes ont su dire « non » à leur tragique vécu, écrivant ces mots émouvants avec parfois une baïonnette « dans le dos ».

Comment ne pas songer à Alain Fournier, bien sûr, mais aussi Apollinaire ou Joé Bousquet et au sublime texte de Blaise Cendrars « J’ai tué », ce texte peu connu du grand écrivain  dont j’ai la grande chance de détenir l’édition originale.

Patrick DEVAUX, février 2014

Un trou énorme dans le ciel

de Jean-Pierre LUMINET, aux éditions Bruno Doucey, déc 2013

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Texte émouvant s’il en est, entre poésie et prose, « Un trou énorme dans le ciel » fait parler, de façon universelle, une jeune disparue. On la sent tellement présente qu’elle a l’air de lire au-dessus de votre épaule.

Jean-Pierre Luminet, astrophysicien coutumier des célèbres « trous noirs » et des envergures, côtoie, ici, l’indicible.

Dans un langage neuf et syncopé comme du morse transfusé par-delà les galaxies, l’écrivain accompagne, de façon magistrale, cette « dictée » qui lui est chère. Et les mots conjurent le vide de façon positive et sans crainte.

Entre deux infinis, le monde qu’il connait bien au point qu’un astéroïde porte son nom, l’auteur se sert des atomes des mots pour redonner souffle à sa fille. On transgresse les pures lois de la matière pour s’ouvrir d’infinies possibilités au niveau de l’émotionnel.

Emouvant, comme l’Univers. Un grand texte. Un grand auteur. Un grand Homme.

Extrait : « tout le monde est seul
               on ne s’occupe pas des morts
               après le coucher du soleil »

Patrick Devaux, 21 janvier 2014

Œil ouvert et cœur battant

de François CHENG, aux éditions DDB, mai 2011

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A l’instar du lotus, la fleur d’Asie jamais tachée par la boue pourtant fort présente dans son milieu naturel, François Cheng, émérite membre de l’Académie Française, nous propose d’ouvrir les yeux à la recherche de la Beauté dans « Œil ouvert et cœur battant ».

Contemplatif, se nourrissant des cultures orientales et occidentales, l’auteur nous révèle le chemin à suivre pour que la Beauté intrinsèque soit non seulement découverte mais aussi comprise à travers l’Art.

A travers la beauté de l’âme, le Beau nous ouvre toutes les possibilités d’une autre dimension perpétuellement jeune et aussi verte que « l’esprit » du bambou…

La précaire existence est également convenablement rappelée, la préoccupation de l’artiste étant non initiée par la « morale » mais plutôt par la pitié, bien comprise, pour tout ce qui arrive à notre existence terrestre et François Cheng nous la définit comme : « Art= Beauté +Pitié ».

Patrick DEVAUX, janvier 2014

La Dame à la Licorne

d’Anne MOUNIC, aux éditions ANAGRAMME, 2010

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« Susciter l’extase dans quelque chose d’étranger », voici une des phrases clés de cette œuvre inspirée directement d’un des chefs d’œuvre de l’Humanité.

Comment pénétrer, à travers les cinq sens, le Toucher, le Goût, l’Odorat, l’Ouïe, la Vue, selon la hiérarchie médiévale, le mystère d’une œuvre ? Une œuvre, avec son langage, est-elle toujours du passé ?

Ne sommes-nous pas là en quête d’un passé incompréhensible, sinon les nœuds et les couleurs  de la Tapisserie elle-même ?

Retrouvons-nous, ainsi, une partie d’un instant de nous-même sublimé par une sorte de saisissement instantané, personnel et illusoire ? Trouver, non une explication mais bien une nouvelle « motivation » à travers l’œuvre.

Les siècles oubliés nous invitent à leurs rêves d’inaccessible étoile, thème récurrent du Moyen-Age à travers, par exemple, la quête du Graal.

La question nous ouvre, béante, l’approche de notre propre questionnement, la « Licorne » apparaissant ici, à travers les scènes courantes de notre quotidien, telle une connaissance à qui on rend visite, entre le rendez-vous personnel et le petit café « crème » avalé en vitesse, l’auteur arrivant à inclure, dans cet étrange livre, une description des commodités du Musée !

Auteur de dizaines d’ouvrages aux multiples facettes, Anne Mounic, professeur émérite et universitaire, a tout de l’efficacité littéraire aboutie, y compris dans son style.

On recommande, avec une grande vivacité intellectuelle et un certain enthousiasme cette œuvre rendant la «la Dame à la Licorne » à la fois plus proche de son mystère et plus proche de nous.

Anne Mounic ajoute une part manquante à cette œuvre dont on ne sait rien et tout à la fois, présumée du début de la Renaissance avec un thème peut-être plus ancien et oriental, le rayonnement de l’œuvre dépassant largement ses allégories.

Lire Anne Mounic c’est comme descendre dans un puits, mais un puits de lumière philosophique « à l’intersection du vide et de l’éprouvé »

 Patrick DEVAUX, 28 décembre 2013

 Solitude face à la mer

d’Anne LINDBERGH, aux éditions Presses de la Cité, 1965 (traduit de l’américain par Nicole Bogliolo et Georges Roditi )

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Considérons cette approche de société, écrite de façon très poétique, comme un document d’époque, le livre étant paru il y a …50 ans.

L’épouse de Charles Lindbergh, pilote elle-même et amie d’Antoine de St Exupéry, pose l’essentielle question des rapports homme/femme dans la société des années soixante qui va révolutionner la façon de vivre de la planète (émergence de la société de consommation).

Déjà à l’époque, se pose la question d’un principe de relation dans lequel les individus auront une « vraie vie », entendez par là, du « temps pour soi », Anne cernant habillement le cumul des tâches vouées à la gent féminine.

Si les propos paraissent parfois à la limite d’une certaine « naïveté », ils sont cependant clairement le fait d’une époque.

Reste que ce livre, chef d’œuvre mondial paru en dix langues, se sert d’appellations et références très marines pour étayer les propos de la cause féminine certes, mais aussi humaine dans sa globalité, et que, cette manière de rédiger donne de l’ampleur au livre, du fait des images très vivantes. Les animaux marins sont parfois approchés de manière subtile, leur façon de vivre étant évoquée en tant que modèle à suivre tant techniquement que même « psychologiquement », le tout écrit avec une poésie plus qu’évidente.

Pionnière dans une époque de pionniers, Anne mène ainsi un combat avant-gardiste qu’on qualifierait aujourd’hui « d’éthique ». Et ce, avec brio.

 Patrick DEVAUX, 12 décembre 2013

Sépulture du silence  -  Sepultura del silencio

de Guénane (poèmes bilingues), aux éditions LITTERALES (2013).

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Dans « Sépulture du silence », Guénane écrit en Français et en Espagnol pour transmettre toute l’émotion d’un de ses pays d’adoption, le Paraguay où l’auteur vécut 6 ans.

La langue est utilisée comme les sons de la forêt, avec force, véracité et maîtrise.

Le son passe aussi par le silence  des gestes millénaires parfois pétris de mémoire et d’une certaine survivance où « l’orchidée s’appelle fleur de l’air ».

On retrouve dans ces poèmes la fulgurance des forêts premières, le sang des Guarani (population amérindienne de langue garani) qui nattent la palme dans la mue d’un pays en devenir.

Les mots, imprégnés d’une rouge boue de delta, n’ont d’égal que les quelques superbes illustrations de Guénane par elle-même, un talent supplémentaire à mettre à l’arc de cette auteur confirmée autant en poésie qu’en prose.

Patrick DEVAUX, 01 décembre 2013

Apparitions mariales : mythe ou réalité ?

 de Louis MATHOUX, aux éditions « Mols » (2013).

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A priori pas dans mes lectures de chevet quant au sujet traité, j’ai cependant été subjugué par l’approche que fait Louis Mathoux dans « apparitions mariales : mythe ou réalité ? » tant l’auteur mène avec conviction son approche quasi scientifique du phénomène, préférant traiter, de manière très journalistique, le phénomène cas par cas, sa démarche se voulant exhaustive, l’auteur s’étant rendu, pour chaque cas, sur place.

Il y a bien sûr, ou non, tout d’abord la véracité des faits (authenticité ou non du phénomène) ; s’en suit une véritable enquête écartant les possibilités de supercheries et manifestations diverses.

On remarquera, croyant ou non, que l’Eglise se montre très prudente pour la plupart des cas.

On devine aussi la préférence de l’auteur pour certains phénomènes avérés (Lourdes, Beauraing, Guadalupe au Mexique, etc…) et sa grande méfiance pour d’autres, Medjugorje,par ex.

Le phénomène de « mariophanie » est passé au crible, l’auteur s’interrogeant, in fine, sur son authenticité globale qu’il constate assez « standardisé ». Faut-il y voir une accumulation de supercheries ou une gigantesque illusion collective imputable à des facteurs psychologiques, sociologiques, voire idéologiques ? L’auteur signale le phénomène connoté géographiquement (pays ouverts aux religions chrétiennes). De même, « Marie » apparait plutôt dans les milieux ruraux à des personnes souvent fragilisées et souvent des enfants.

Pour être complet, en fin d’analyse, l’auteur donne son interprétation (intéressante) de l’ « Immaculée Conception »en interprétant, une partie des textes sacrés.

Mené comme une enquête, le schéma du livre, écrit avec style, est particulièrement convaincant avec, en fin d’ouvrage, un intelligent tableau comparatif.

Patrick DEVAUX, 29 novembre 2013

« Le stylo de Villedieu, correspondance de guerre en temps de paix »

de Michel GHEUDE, paru aux éditions « La mesure du possible » (2009).

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Un stylo en parfait état de marche est retrouvé, dans un champ labouré, à côté de la dépouille d’un soldat de la guerre 1914-1918.

Ce livre, condensé et écrit en deux langues, Français et traduit en Anglais, nous donne une occasion différente de se souvenir de la « Grande Guerre ».

Un café-relais, par où transitent des nationalités diverses concernées par l’ancien conflit, sert de lieu de mémoire aux objets trouvés dans les champs et différents lieux de bataille restituant corps et biens de cette tragédie, et ce, au gré des labours…

La survivance des objets, avec souvent leurs histoires personnelles, donne une dimension supplémentaire, voire documentaire, aux actes des combattants et, quelque part, nous sert (et surtout aux familles concernées) d’album photographique intemporel.

Le stylo, avec aussi toute la dérision de sa plume en or et bien conservée, rend vivant le soldat inconnu qui devient davantage une référence littéraire de paix, vecteur du souvenir, qu’un défunt de guerre plombé par les éternels monuments aux morts rafistolés pour le « centenaire ».

Patrick DEVAUX, 2013

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Paris | Réponse 13.12.2014 04.21

TRES BON S articlesnotamment sur Guénane et sur anne MOUNIC Patrick Devaux aime les poète,c'est sûr Gérard Paris

DEVAUX PATRICK 13.12.2014 16.23

Merci pour votre commentaire encourageant! Vous avez raison, j'aime les poètes!

M.christine Grimard | Réponse 11.11.2014 23.09

Merci Patrick pour évoquer la maltraitance décrite dans "la démesure", ce livre aidera beaucoup d'anciens enfants souffrant encore de leurs souvenirs de torture

Patrick DEVAUX | Réponse 14.10.2014 01.36

J'ai en mains "Le sorbier des oiseaux" avec sa couverture couleur du soleil...Comme ses rayonnants poètes à découvrir dans cette belle revue. Merci MONIQUE

Muriel Verstichel | Réponse 30.07.2014 00.27

Merci Cher Patrick d'avoir mentionné ce si beau recueil en hommage à Chantal Lammertyn que j'ai bien connue. Présence palpable en poésie.

DEVAUX Patrick 30.07.2014 01.56

Oui, j'ai fort ressenti cette poète je l'avais déjà découverte auparavant dans un recueil "mixte" avec un autre auteur ( Fontaine? - de mémoire-..!.)

M.Christine Grimard | Réponse 29.06.2014 14.14

Merci Patrick pour votre émotion palpable dans "Un flot d'étoiles troublées."
On est troublé aussi ...

Marie-Christine Grimard | Réponse 28.05.2014 12.38

Merci pour ces partages de lectures,qui nous ouvrent d'autres horizons,de vos remarques et de votre style, qui nous donnent des envies de nouvelles découvertes.

Louis Mathoux | Réponse 17.01.2014 00.38

Un grand merci à Patrick Devaux pour sa critique très pertinente de mon livre "Apparitions mariales : mythe ou réalité ?" !

DEVAUX 18.01.2014 22.44

merci; ce fut un vrai plaisir de découvrir cette riche approche très approfondie du phénomène marial

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Commentaires

26.09 | 19:38

Vraiment très beau. Bizarrement, les six dernières strophes m'emportent moins; mais jusque là, quelle délicatesse dans ce voyage sur l'être aimé

...
15.04 | 22:35

Revue toujours au top; nombre d'auteurs croissant; chaque numéro amène de nouveaux talents, de nouvelles trouvailles et...quelques belles illustrations!

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15.04 | 17:48

Les poètes, on le lit bien, sont bien au courant des instants de lumière qui parfois flirtent avec l'ombre; il en va ainsi de toute la vie...

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13.04 | 15:38

Merci Monique, ce sont les danseurs en cours d'études professionnelles au Centre de formation en danse Off Jazz, qui ont donné leur passion et talent au public

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