Rencontre avec Claude RIZZO

Claude Rizzo

Claude Rizzo

Monique Marta : Claude Rizzo, en 2003 vous avez publié « Le Maltais de Bab el-Khadra » (éditions Michel Lafon), qui a été un gros succès et pour lequel vous avez obtenu le Prix Maghreb Méditerranée. Le titre rappelle l’origine maltaise de votre famille et son implantation en Tunisie depuis quatre générations. Cette Tunisie, vous l’avez quittée à l’âge de dix-huit ans, pour suivre des études de Lettres à Aix-en-Provence. Je suppose, néanmoins, que la Tunisie reste très présente dans votre cœur, dans la formation de votre personnalité aussi sans doute, et que vous y retournez parfois…

Claude Rizzo : J’appartiens en effet à la 4ème génération d’une famille maltaise qui a quitté son île pour la Tunisie. Il est évident que ce pays appartient à mes racines et que j’en porte la marque au plus profond de moi.

Le livre m’a d’ailleurs permis de retrouver ce pays en ayant eu le plaisir d’être publié par un éditeur tunisien, en participant ainsi à « La Foire du livre » de Tunis, en étant invité à de nombreuses manifestations qui m’offrent de séjourner plusieurs fois par an dans ma ville natale.

 

Monique Marta : J’ai lu avec plaisir « Entre les lignes de ma vie… » (Encre d’Or édition, 2013), où vous démontrez, non sans humour, que vous n’avez pas toujours été un héros… Vous avez été enseignant, vous avez travaillé pour L’Oréal (vous me l’avez appris lors de notre rencontre, début mai 2017) et j’ai vu sur Internet que vous avez créé, en 1976, une société de bâtiment… Vous avez donc pratiqué plusieurs métiers…

Claude Rizzo : J’ai eu en effet une existence riche en expériences qui m’ont conduit dans des univers bien différents. Une matière première que l’on retrouve dans mes romans, qui me permet ainsi d’offrir à mes lecteurs des voyages dans ces milieux où j’ai longtemps navigué.

 

Monique Marta : 1976, c’est aussi l’année où vous vous installez à Nice… Cette ville, son arrière-pays, vous les connaissez bien. Ils servent de cadre à deux de vos romans que j’ai lus : « Le sentier des aubépines » (Souny éditeur, 2008-2017) et « Un fils pour un autre » (Souny éditeur, 2010) Vous n’êtes pas Niçois et pourtant on pourrait le croire tant vous êtes précis dans l’évocation des lieux et des personnages. Vous êtes très documenté…

Claude Rizzo : Il est vrai que ma passion pour Nice ne représente pas un amour de jeunesse. Elle n’en est pas moins intense pour autant. J’ai pris le temps de la découvrir, mais aussi celui de la séduire. Puis est venu l’instant où elle s’est offerte, persuadée sans doute de la profondeur de l’affection que je lui porte.

 

Monique Marta : Vos personnages, très humains, sont extrêmement attachants, que ce soit Rosine, dans « Le sentier des aubépines » ou François, dans « Un fils pour un autre ». Leur destin prouve que la vie n’est pas un long fleuve tranquille et que les êtres ne sont pas parfaits ; vous nous les présentez avec leurs qualités, mais aussi leurs défauts ; leurs vices parfois…

Vous appuyez-vous sur des personnes que vous avez connues ou vos personnages sont-ils de purs fruits de votre imagination ?

Que vous importe-t-il de faire passer dans le choix de vos personnages ?

Claude Rizzo : Mes personnages ont ceci de commun : bien que sortis de mon imaginaire, ils appartiennent à ces hommes et ces femmes que nous croisons dans les rues, qui portent en eux les vertus et les faiblesses propres à notre nature. Des êtres « ordinaires » que le destin va bien souvent placer face à des événements qui les dépassent, pour lesquels ils paraissent bien mal préparés. Loin de les épargner, je les invite à un voyage initiatique où bien des épreuves leur seront imposées. Ils en sortiront grandis et prêts désormais à faire face à l’adversité..

 

Monique Marta : Depuis 1996, paraît-il, vous vous consacrez à l’écriture… L’écriture suffit-elle à vous faire vivre et quelles sont vos habitudes de travail en ce domaine ? Avez-vous des « manies » d’écrivain ?

Claude Rizzo : Très peu d’écrivains parviennent à vivre de leurs seuls droits d’auteur. Je n’échappe pas à cette règle.

 

Je n’ai jamais eu besoin d’un cocon pour écrire ou de conditions très spécifiques propres à favoriser mon imaginaire. Ma seule manie est d’écrire au crayon.

 

Monique Marta : De tous les livres que vous avez écrits (une quinzaine), lequel compte le plus à vos yeux ? Ou les aimez-vous tous, comme une mère ses enfants… ?

Claude Rizzo : Je n’en renie aucun, tout en reconnaissant que certains sont meilleurs que d’autres.

J’offre malgré tout une place privilégiée à deux ouvrages « Le Maltais de Bab el-Khadra », « L’enfant de la rue de la Croix ». L’un et l’autre ont comme héros un enfant. Ce sont sans doute là les raisons.

 

Monique Marta : Vous m’avez confié aimer aller à la rencontre de vos lecteurs…

Claude Rizzo : C’est là mon grand plaisir. Il m’offre à la fois de sortir de la « Naphtaline » où m’enferme mon métier et d’écouter les avis des femmes et des hommes qui me font l’honneur de voir mes ouvrages figurer dans leurs bibliothèques.

 

Monique Marta : Je vous remercie, Claude Rizzo. Et merci à Gisel, de Presse Loisirs, rue Lépante, Nice, qui m’a permis de vous découvrir en exposant vos livres et a favorisé notre rencontre…

Claude Rizzo : Merci à Gisel, qui a permis à bien des lecteurs de découvrir mes romans.

Écrire un nouveau commentaire: (Cliquez ici)

123siteweb.fr
Caractères restants : 160
OK Envoi...
Voir tous les commentaires

Commentaires

15.04 | 22:35

Revue toujours au top; nombre d'auteurs croissant; chaque numéro amène de nouveaux talents, de nouvelles trouvailles et...quelques belles illustrations!

...
15.04 | 17:48

Les poètes, on le lit bien, sont bien au courant des instants de lumière qui parfois flirtent avec l'ombre; il en va ainsi de toute la vie...

...
13.04 | 15:38

Merci Monique, ce sont les danseurs en cours d'études professionnelles au Centre de formation en danse Off Jazz, qui ont donné leur passion et talent au public

...
10.03 | 10:33

c'est beau, c'est très beau. Oh que j'aime cette aspiration à la lumière !

...
Vous aimez cette page