"Les livres pauvres"

( * dernière mise à jour de la rubrique le 23/08/2017)

 

Un « livre pauvre » est une création sur papier, généralement plié en deux ou en accordéon, où le poète écrit un poème, le plus souvent de façon manuscrite, et où l’artiste introduit son illustration (ou enluminure). Le nombre d’exemplaires est limité (maximum six), chacun étant original, numéroté et signé par les intervenants.
Le « livre pauvre » ne passe pas par les circuits traditionnels éditeur-imprimeur-libraire.
La première appellation de « livre pauvre » et la première collection sont nées au Prieuré de Saint-Cosme, et sont le fait de Daniel Leuwers.

Il y avait un oiseau dans le soleil (Jacquy GIL, Monique MARTA)

Il y avait un oiseau dans le soleil (Texte : Jacquy GIL, Peinture : Monique MARTA)

Constellations (Jacquy GIL, Monique MARTA)

Constellations (Texte : Jacquy GIL, Peinture : Monique MARTA)

Le secret (Ghislaine de Lopez, Monique Marta)

Le secret (Texte : Monique Marta, Peinture : Ghislaine de Lopez)

Ferme la fenêtre
Que le vent n’entre pas
porteur de mots
grimés par le voyage

Quand il venait de l’océan
il parlait d’aventure
de terres lointaines
de fortune et de paix

Quand il venait du haut du ciel
il évoquait l’éternité
l’amour qui dure
et caetera

t’enivrait de belles promesses

Ferme la fenêtre
La pendule fait tic-tac au salon
Les meubles sentent bon la cire
Il fait chaud près du feu

Garde en ton cœur
l’oiseau
qui du secret te fut donné


Monique Marta
Nice, le 8 février 2016

Cheval (Fabrice Farre, Monique Marta)

Cheval (Texte : Fabrice Farre, Peinture : Monique Marta)

"Je te promets de dessiner

le meilleur homme: plus

que lui le cheval

dont la courbe animale

luit dans la nuit humaine"


Fabrice Farre

Caresse (France Burghelle Rey, Monique Marta)

Caresse (Poème : France Burghelle Rey, Peinture : Monique Marta)

de l'étymologie du passé

je soustrais le vrai sens des choses

rond et chaud

caresse sur la plage d'un galet

et entre mes doigts

coule du sable

je compte mon temps

les moments de ma vie

main salée que je lave

je salue l'avenir qui pointe

France Burghelle Rey

 

Seul dehors gémit (Patrick Lepetit, Monique Marta)

Seul dehors gémit (Texte : Patrick Lepetit, Peinture : Monique Marta)

Suivre la voie de la grêle ou celle de l’obscur
avec la beauté fatale et vaine du funambule,
taillé à la hache dans le bois des bûchers,
souriant à travers les abandons.
Le texte piège les lumières du monde fermé,
l’âme de l’eau aux teintes étirées,
le sang de la mer incertaine, flaque écarlate,
théâtres de cataclysmes et de cruautés.
Ultime fantaisie, la belle figure du désastre
resplendit rose, rouge passion, virginité enclose.
La ronce perce les terrasses, l’obscénité des trophées étreint,
la silhouette se définit dans l’éclaboussement du jour,
danse macabre et mystères tracés sur l’os à la pointe sèche,
plein feu sur la bouche, cette vérité terrible.
Seul dehors gémitr

Patrick Lepetit

PLUS VASTE, LE CIEL (Brigitte BROC - Monique MARTA)

PLUS VASTE, LE CIEL (Texte : Brigitte BROC, Peinture : Monique MARTA)

Brassées de sèves
effilochées.

Dans les remous de l’air
s’effacent les voix douloureuses.

On perçoit la trame du poème
s’écarquiller d’écume,
battre de tout son sang
aux tempes du monde.

A serrer contre soi
tous les mots,
toutes les flammes,
tous les visages,
les mains se dépouillent
et deviennent goélands.

Eloge aux gestes fertiles,
à la clarté du vent.

Des couleurs en prière
jaillit un nouveau cœur

Brigitte Broc

« PRESQUE NUIT » (Lise Mathieu, Monique Marta)

« PRESQUE NUIT » (Texte : Lise Mathieu, Peinture : Monique Marta)

Les flaques et les rigoles luisent déjà d’un reflet d’étoile
Je suis le lit d’un ruisseau sec
Et la gorge en feu
La terre ne me soutient plus
Ni la pluie
Et la nuit tombe tombe
Sans que puisse l’en empêcher
La branche d’une main.
Rose des lèvres
Printemps dans les sources

A moi

Lise Mathieu

L’ARBRE A BONHEUR (Jean Lavoué, Monique Marta)

L’ARBRE A BONHEUR (Texte : Jean Lavoué, Peinture : Monique Marta)

Les filaments de la douleur
Ont forgé dans ton cœur
Le secret de ta vie

Une fête végétale
Les sarments de la joie
Ce fleuve qui t’emporte
Au plus vif des marées
Vers l’ardente saison
Qui le réconcilie !

Tu n’as pas à compter
Pour effeuiller les jours

Ils sont gravés avec ton souffle
Sur l’arbre de tendresse
Dont chaque heure est le fruit

L’arbre à bonheur
C’est celui dont les feuilles
Ondulent avec tes larmes

Tu ne le peins qu’en bleu
Comme s’ouvre le ciel
Comme on attise une flamme

Un feu dont les marées
Gardent à jamais la trace

Sans éteindre la danse
Qui surgit de tes doigts

Jean Lavoué

ENTRE DEUX OMBRES… (Patrick Lepetit, Monique Marta)

ENTRE DEUX OMBRES… (Texte : Patrick Lepetit, Peinture : Monique Marta)

Entre deux ombres écartelé,
invoquer l’itinérance
en poudre d’escampette,
l’insoutenable lyrisme de l’errance
et son ruban de rêves
choisis autant que dérisoires.
Orchestration de solitudes.
Avancer du côté de l’ouverture,
note bleue où, dans l’intensité,
se jouent les tragédies
et dimension cachée,
petite musique
aux lisières du sommeil

Patrick Lepetit

LA LUMIERE (Patrick Devaux, Monique Marta)

LA LUMIERE (Texte : Patrick Devaux, Peinture : Monique Marta)

le papier blanc
est
une insomnie
qui attend
le poète

quand
il allume
la feuille

tout s’éclaire
dans la nuit


Patrick Devaux

CIEL D’AUTOMNE (Claude Haza, Monique Marta)

CIEL D’AUTOMNE (Texte: Claude Haza, Peinture: Monique Marta)

Ciel d’automne quand volent des rêves de papiers colorés par-dessus tant de couleurs déjà traversant les feuilles les prairies comme fait cette main sortant d’un nuage ou d’une fumée de sarment de vigne peut-être est-elle le signe de bienveillance que vous envoie l’au-delà tout proche de nos préoccupations terrestres au centre d’une ronde poétique où tournent comme des étoiles nos fragments de joie et de drames nos espoirs aussi et le peu de raison qu’il nous reste parfois pour juger du bien et du mal mais ce n’est qu’un passage de grand deuil avant le retour du printemps

Claude Haza

L'oiseau échoué (Ghislaine Lejard, Monique Marta).

L'oiseau échoué (Texte: Ghislaine Lejard, Peinture: Monique Marta)

Nous sommes parfois comme un oiseau venu échouer dans une gare, prisonnier, voulant rejoindre les couleurs du monde, les ailes battant dans le vide, en quête de lumière, de LIBERTE.

Ghislaine Lejard

Comme une danse (Michèle Schneeberger, Monique Marta)

Comme une danse (Texte : Michèle Schneeberger, Peinture : Monique Marta)

Comme une danse
en marge des mots et des vagues
les couleurs du souvenir
ce bleu du regard
parfois fermé
sur des blessures noires
d’insondables douleurs…
Soudain l’envol
au pays des étoiles
ces pas d’enfant
sur le chemin du cœur
ceux qui émeuvent l’oiseau
et voyagent avec l’arc-en-ciel

Michèle Schneeberger

Esprits de lumière (Patrick Lepetit, Monique Marta)

Texte et page 1 de couverture: Monique Marta Peinture intérieure: Patrick Lepetit

Un rien
entr’aperçu
comme un poisson
sautant au ras des flots
Une illusion d’éternité
L’anneau
que l’on se donna
Une comète
filant dans le ciel d’août
L’issue
d’un long périple
dans la nuit des profondeurs
Grotte d’enfance
pour des pirates
et chercheurs d’or
Fil
du voile léger
d’une jeune vierge qui
à l’eau du torrent se baigne

Mot
qui du fond du cachot se crie
Esprit
de lumière aperçue

Monique Marta, le 28 septembre 2015.

Ghislaine Lejard (Collage) / Monique Marta (Texte)

Ghislaine Lejard (Collage) / Monique Marta (Texte)

Vent d'Octobre

Tu marches sur le chemin
avec la boue aux pieds
de tes erreurs passées
le sang de tes victoires

Le ciel a des couleurs d'opale
Ton coeur rougeoie

Les mots que tu oses dire
sont vent d'Octobre
sur la mer qui se lève

L'homme
est un tremblement

Monique Marta

Jean Lavoué (poème) / Mary-Françoise Hachet-de-Salins (images)

Jean Lavoué (poème) / Mary-Françoise Hachet-de-Salins (images)

Fervente Attente

Quand le froid t’enveloppe        
Prends du temps pour tes mousses
Soupèse ton écorce
Console les fougères
Proclame un temps de gel
Honore tes lichens
Fais le jeûne du soleil
Eclaire l’horizon
Assouplis ton sommeil
Visite tes amis
Cueille l’or des voisins
Espace les nuages
Sois complice de la pluie
Pactise avec la brume
Sois l’axe de ta vie
Sous les flaques du vent
Plein ciel à travers champs
Fais tinter les étoiles
D'une joie cristalline

Jean Lavoué

Livre unique d'Alain HELISSEN: "L'accident"

Livre unique d'Alain HELISSEN: "L'accident" (10 pages: 16,5 x 24 cm), 4 peintures + 1 collage.

Disparues les images

du choc frontal

annoncé en différé

deux ou trois heures

plus tard en salle

de réanimation.

  -  Vous-vous appelez comment ?

mon nom je le savais

mais pas ce que je faisais

ici entre des blouses blanches

 

 

Indien je me fus nommé

Nez cassé ou Poitrine enfoncée

Ou Crâne Traumatisé ou

Genou Brisé mais

pas pour honorer

quelque bataille non

j’étais victime m’a-t-on dit

d’un ACCIDENT

du type répertorié

« accidentdelaroute »

http://alainhelissen.over-blog.com/2014/12/l-accident-livre-unique-d-alain-helissen.htlml

Corinne LEFORESTIER (encres)/Monique MARTA (poème)

Corinne LEFORESTIER (encres)/Monique MARTA (poème)

La nuit
la tête rêve
et se retourne

s'ancre le temps
aux défilés de la mémoire

moirée
miroite en mille soleils

Minute après minute
s'annoncent aube
et futur
pâles comme l'absence

L'indécision de l'aube
avale
toute lumière

 

Monique MARTA, 15 novembre 2014

Monique MARTA (poème) et Ghislaine LEJARD (collage)

Livre pauvre de Monique MARTA (poème) et Ghislaine LEJARD (collage)

Un espace de silence
pour les mots de l'intérieur

un espace entre chien et loup
où parler à voix basse
sied mieux
aux jours d'absence

un temps à la schumann
quand la folie n'est pas lointaine

Le temps du coeur
qui se blesse
aux mots de l'intérieur
entre chien et loup
quand l'heure
est au silence

 

Monique MARTA

Courbes

Alain HELISSEN
Extraits du livre d’artiste “Courbes”, réalisé à la main par Alain Helissen en septembre 2014.
L’ouvrage comporte six photographies de Françoise Bonnel.
L’édition originale comprend 4 exemplaires signés et numérotés de 1/4 à 4/4.
Des variantes formelles entre les 4 exemplaires font de chacun d’eux un livre unique.

Alain HELISSEN : Courbes (extrait 1)

(Extrait 1)

ondulations végétales dans le flou de l'impensé

la ligne des courbes

Alain HELISSEN : Courbes (extrait 2)

(Extrait 2)

ce n'est pas

             le chemin

        c'est au-delà

                  du chemin

 

    au-delà même

des parcelles cadastrées

 

c'est un pays

        encore vierge

de tout pied

d'homme

Alain HELISSEN : Courbes (extrait 3)

(Extrait 3)

de si près

s'approcher

pour voir

devenir autre

               le champ

               de la vision

      et autre

                peut-être

           le réel

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Devaux Patrick | Réponse 09.12.2015 09.12

Merci pour mon "Livre Pauvre" personnel et les explications techniques (on se rend mieux compte encore du travail que cela demande!)

M. Schneeberger | Réponse 27.11.2015 11.18

Que de couleurs dans les poème, et que de poésie dans les couleurs! Un vrai partage de l'imaginaire dans le quotidien! Meri à vous tous!

Patrick Devaux | Réponse 27.11.2015 08.40

Bravo pour ces" livres pauvres "de toutes poésies, couleurs diversifiées, etc...J'avais vu la page en début d'année...à revoir et relire avec plaisir...

Monique Picard | Réponse 08.05.2015 18.15

Tous très beaux; ma préférence allant au Livre Pauvre de Monique avec le collage de Ghislaine Lejard.

Patrick Devaux | Réponse 26.02.2015 20.04

Ces livres "pauvres" sont bien riches d'idées créatrices doubles! Bravo!

Devaux Patrick | Réponse 26.02.2015 20.02

"L'indécision de l'aube avale toute lumière"...c'est vraiment une très belle phrase bien accompagnée des encres de Corine

Devaux Patrick | Réponse 26.02.2015 20.00

Le collage de Ghislaine colle bien (c'est le cas de le dire...) au texte de Monique, ce beau texte entre chien et loup...

Michèle Nosbaum | Réponse 03.02.2015 11.05

Des ouvrages de toute beauté: des chemins s'y croisent, l'aube et le crépuscule s'y marient…
Merci à Marta et à tous les artistes!

Patrick Devaux 27.11.2015 08.41

c'est la réflexion qui convient!...L'ombre et la lumière mêlées!

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Commentaires

15.04 | 22:35

Revue toujours au top; nombre d'auteurs croissant; chaque numéro amène de nouveaux talents, de nouvelles trouvailles et...quelques belles illustrations!

...
15.04 | 17:48

Les poètes, on le lit bien, sont bien au courant des instants de lumière qui parfois flirtent avec l'ombre; il en va ainsi de toute la vie...

...
13.04 | 15:38

Merci Monique, ce sont les danseurs en cours d'études professionnelles au Centre de formation en danse Off Jazz, qui ont donné leur passion et talent au public

...
10.03 | 10:33

c'est beau, c'est très beau. Oh que j'aime cette aspiration à la lumière !

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